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Nella Arambasin : Université de Franche-Comté
Raphaël Confiant raconte dans L'Hôtel du bon plaisir qu'il existe une « Radio Bois-Patate (celle qui n'a besoin ni d'antenne, ni de cordon électrique ni de piles » par le biais de laquelle il faut certes entendre le mode de propagation de la rumeur populaire, mais plus encore la créolisation du média radiophonique. Contamination, appropriation ou détournement, il s'agit d'un acte de langage qui « habite » une technique médiatique en l'introduisant dans une culture locale. Dès lors que la créolisation désigne un processus imprévisible de mise en contact de plusieurs cultures par interactions effectuées à vitesse foudroyante et sans hiérarchie de valeurs, les exemples de créolisation potentiellement inépuisables se réalisent également en fonction de mutations économiques et sociales croissantes liées à la mondialisation. La créolisation dépasse les configurations géopolitiques et linguistiques caribéennes pour s'ouvrir à une communication internationale qui structure un nouveau champ de relations, où les mass médias jouent un rôle plus critique et créatif qu'il ne semble. Loin d'aboutir à une homogénéisation culturelle globalisée, l'intrusion des médias dans la littérature antillaise offre une définition de la culture, où s'élaborent les imaginaires du monde contemporain.
Quel est l’impact des nouveaux médias sur l’étude de la littérature ? Qu’advient-il des processus artistiques et des translations culturelles dans une économie du savoir mondialisée ? Que veut-dire être comparatiste à Montréal aujourd’hui ? C’est à ces questions que nous tenterons de répondre par le biais du colloque Mondialisme et littérature. Nous vivons dans un monde culturel de plus en plus complexe – en témoigne le récent mouvement Occupy Wall Street. Nous sommes d’avis que l’étude des relations entre mondialité et littérature est très importante pour trouver des passerelles qui ne réduisent pas le mondialisme à la sphère de l’économie de marché, ou le monde à une économie de transactions identitaires. Or, de Paris à New York, la littérature comparée, discipline pluricentenaire, renouvelle son objet d’étude. À l’occasion du colloque Mondialisme et littérature, nous convions les chercheurs en études littéraires, en arts et en sciences humaines à une réflexion visant à démocratiser le comparatisme, à cerner son caractère iconoclaste, ses impasses, de même que ses nouvelles modalités. On pourra d’emblée chercher à définir ce que signifie l’acte de comparer aujourd'hui alors que dominent les discours sur l’hybridité et le métissage. On se demandera par ailleurs si certains éléments de la littérature québécoise, qui s’énonce dans un contexte de pluralité linguistique, gagneraient à être étudiés au moyen du comparatisme. On discutera des nouveaux visages de la littérature comparée (Amérindiens, arabophones, Asiatiques, etc.) qui doivent être pris en compte dans le cadre d’une étude des phénomènes d’interculturalité contemporains. On explorera enfin de quelle manière les nouvelles technologies et problématiques intermédiales travaillent la littérature comparée. Dans le cadre du colloque Mondialisme et littérature, il s’agira en somme d’envisager Montréal comme le site culturel d’une nouvelle pensée comparatiste.
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