Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Philippe TERRAL : Université de Toulouse
Cette communication vise l'analyse sociologique de la construction des savoirs du monde sportif français et plus particulièrement de ceux produits et diffusés au sein de son espace universitaire : les STAPS. L'histoire de cette discipline révèle une préoccupation originelle de formation des professionnels de l'enseignement des sports notamment en vue de leur professionnalisation dans le cadre de l'éducation physique et sportive scolaire. Dans le temps, ses débouchés se sont diversifiés vers d'autres secteurs comme, notamment, l'entrainement sportif, la santé, le loisir. Aujourd'hui, les STAPS regroupent un ensemble très varié de formateurs et, de fait, de savoirs : des enseignants chercheurs de sciences extrêmement diverses (physiologie, bio-mécanique, psychologie, sociologie, histoire, droit, …) mais également des enseignants du second degré. Depuis son origine, cette discipline pose ainsi deux problèmes épistémiques majeurs : la question de la production d'une science « directement utile aux professionnels du sport » et l'enjeu de l'hybridation de cette pluralité de savoirs. Cette communication visera notamment à interroger la tension entre l'interdisciplinarité conçue comme « mot d'ordre » à des fins de gouvernance politique tant par des acteurs de la discipline que par les politiques de recherche actuelles et la réalité du partage de ressources issues de disciplines différentes (objets de connaissance, méthodes voire concepts et cadres d'analyse).
À une époque où les modes de communication technologiques bouleversent les activités tout autant que les façons de transmettre les passions en loisir, où les cloisons étanches entre le temps de travail et de loisir, entre l’espace privé et public s’amenuisent, ce colloque vise à susciter des réflexions sur les modalités de transmission et de circulation des savoirs par et à travers le loisir.
La circulation des savoirs équivaut à parler de la circulation des ressources et des capacités, mais aussi des codes et des règles. En effet, la transmission des savoirs par des activités de loisir met en perspective des liens entre donateurs et donataires à la base de formes de domination et/ou d’émancipation. Les changements dans la transmission des savoirs influenceront donc inévitablement les modes de reproduction ou d'innovation dans le loisir, engendrant tant des ruptures dans les pratiques que créant de nouvelles occasions d’échanges, de socialisation et de mise en commun des connaissances. La circulation des savoirs permet aussi à des intervenants du milieu social ou de la santé, de soutenir des pratiques de loisir possédant une valeur intégrative et renforçant des processus d’insertion et d’empowerment.
La question peut être abordée sous plusieurs angles : rôle de la technologie dans la transmission des savoirs et des passions en loisir, circulation des savoirs et des formes d’émancipation et de reconnaissance, circulation des savoirs entre pratiquants et administrateurs, mise en place d’activités intergénérationnelles, transmission et communautés (famille, groupes de pairs, associations), évolution des modes de socialisation, déplacement des frontières entre les classes, les nations et les individus, loisir et marqueurs identitaires, etc. Le colloque devrait donner lieu à des propositions de transmission des savoirs « pratiques » (ex. les connaissances des personnes engagées dans des activités) autant que des savoirs « savants » (ex. théoriques).
Titre du colloque :
Thème du colloque :