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Christine Dallaire
La Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), l'organisme porte-parole des élèves des écoles secondaires de langue française de l'Ontario, œuvre depuis 1975 pour favoriser l'engagement des adolescents dans leur école et dans la communauté franco-ontarienne. Le roulement continu de ses membres et de ses intervenants a mené la FESFO à se soucier de la transmission de ses valeurs, de son mode de fonctionnement et de son expertise. Cette communication s'appuie sur des entrevues avec 5 élèves ayant des rôles de leadership au sein de la FESFO ainsi que 10 intervenants pour illustrer comment l'organisme a développé une démarche particulière de formation des jeunes. La première partie de l'analyse porte sur le contexte qui a suscité cette réflexion sur le besoin de formaliser à la fois le contenu et la transmission de son expertise. La deuxième partie de l'analyse détaille le processus de mise en œuvre de cette démarche et les soucis de maintenir une cohérence avec les valeurs de l'organisme privilégiant l'autonomie et la prise en charge par les jeunes. La dernière partie de l'analyse définit les retombées de cette démarche de formation pour la mobilisation des jeunes. Les élèves et les intervenants rapportent que cette priorité accordée à la formation et à l'échange d'information leur donne confiance en soi, leur permet d'agir d'une façon productive et les motive à poursuivre leur engagement au sein de la FESFO et dans la francophonie minoritaire.
Les représentations sociales autour de la participation politique des jeunes reposent depuis quelques décennies déjà sur l’idée qu’elle serait en crise. Cette vision d’une dépolitisation de la population juvénile mérite toutefois d’être nuancée. Premièrement, le cadre référentiel ultime des travaux sur l’engagement politique semble être le militantisme de gauche voué à une cause collective, si bien que les « nouveaux engagés » et les formes juvéniles d’action politique moins conventionnelles restent dans l’ombre. Deuxièmement, c’est peut-être la définition même du processus de politisation, qui suppose l’opposition directe au pouvoir, qui induit en erreur. Or, même dans les cas où des actions s’opèrent de manière atomisée et diffuse, leur agrégation peut aboutir à des formes de résistance ou de protestation collective. Troisièmement, il est approprié de se demander si la soi-disant crise de la participation politique des jeunes ne résulte pas d’un regard « euro-centré » qui prévient l’appréhension de pratiques juvéniles des sociétés postcoloniales, soit parce que jugées subversives et menaçantes pour l’establishment (mouvements punk et rap, jeunes des favelas), soit parce que supposées impossibles, par exemple sous les régimes autoritaires. Au cours de ce colloque, nous chercherons donc à comprendre les lieux d’engagement politique des jeunes d’aujourd’hui, leurs actions de résistance, leurs pratiques plus organisées de contestation et de revendication, en s’attachant à les restituer dans leurs contextes institutionnels (association locale, parti politique, etc.), nationaux et politiques (autoritarisme, pluralisme). Des réflexions auront également lieu autour des modes d’appréhension théorique et méthodologique des processus de politisation des jeunes, leurs limites ainsi que les possibilités de décloisonnement des approches et des disciplines.
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