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Martin Arriola : Université de Montréal
Wittgenstein semble avoir maintenu jusqu’à la fin de sa vie une opposition entre le discours philosophique théorique sur les normes et les conduites humaines et l’éthique telle qu’elle est vécue dans nos pratiques effectives. Or, en nous inspirant du modèle stoïcien selon l’interprétation de l’historien Pierre Hadot, il est possible de dépasser cette opposition en puisant dans les ressources mêmes de la pensée de Wittgenstein et de mettre en lumière la fonction « éthopoétique » du discours éthique dont le propre est de « produire de l’ethos », c’est-à-dire ici d'opérationnaliser les valeurs morales et de guider les actions en vue du bonheur. Il s’agit d’interpréter cette opposition non pas comme une incompatibilité de principe entre le discours philosophique et l’éthique vécue, mais de faire la distinction entre un discours inadéquat et un discours adéquat à l’éthique vécue. Dans un premier temps, nous examinerons les raisons principales qui expliquent la présence d’une telle opposition dans la pensée de Wittgenstein à partir de l’interprétation de l’éthique théorique comme discours inadéquat à l’éthique vécue. Dans un deuxième temps, nous verrons qu’il y a chez Wittgenstein des ressources permettant de dépasser cette opposition au profit d’un discours en accord avec l’éthique vécue, un discours éthique à la première personne fondé sur une attitude « éthopoétique » qui permet d'intégrer le discours philosophique théorique à l'éthique vécue.
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