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La jeunesse estudiantine ethnique et l'arène politique locale au Cameroun : une analyse de l'Amicale des étudiants du Grand Mbam

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Serge André Batikalak : Université de Yaoundé I

Résumé de la communication

La mobilisation scientifique et surtout l'attention portée par les politiques sur les questions de jeunesse traduisent à n'en point douter le rôle que jouent les jeunes dans la construction ou encore le devenir des sociétés actuelles. Le monde vibre au rythme des mouvements de revendication des jeunes et les pouvoirs publics essaient d'apporter des réponses à la crise. Dans l'univers politique africain en général, l'on constate la volonté affirmée des États d'« autonomiser » la jeunesse. Au Cameroun par exemple, au cours de la première décennie des années 2000, l'État s'est lancé dans une entreprise d'actions dont la finalité était d'organiser le secteur associatif jeune jugé désorganisé. Le ministère de la Jeunesse a donc mis en œuvre un certain nombre d'opérations et d'activités réflexives orientées globalement vers l'encadrement de la jeunesse et la redynamisation du milieu associatif jeune.

Ce regain d'intérêt observé chez les politiques camerounais pour les jeunes témoigne non seulement des pressions exercées par une catégorie qui ne veut plus jouer les seconds rôles d'une part, mais aussi d'une volonté politique d'associer désormais les marginalisés, les exclus d'hier dans la gestion des affaires publiques d'autre part. À travers une étude de cas centrée sur l'Amicale des Étudiants du grand Mbam, un constat se dégage : c'est que l'AEM, dotée d'un véritable « pouvoir directorial », influence fortement le jeu politique local.

Résumé du colloque

Les représentations sociales autour de la participation politique des jeunes reposent depuis quelques décennies déjà sur l’idée qu’elle serait en crise. Cette vision d’une dépolitisation de la population juvénile mérite toutefois d’être nuancée. Premièrement, le cadre référentiel ultime des travaux sur l’engagement politique semble être le militantisme de gauche voué à une cause collective, si bien que les « nouveaux engagés » et les formes juvéniles d’action politique moins conventionnelles restent dans l’ombre. Deuxièmement, c’est peut-être la définition même du processus de politisation, qui suppose l’opposition directe au pouvoir, qui induit en erreur. Or, même dans les cas où des actions s’opèrent de manière atomisée et diffuse, leur agrégation peut aboutir à des formes de résistance ou de protestation collective. Troisièmement, il est approprié de se demander si la soi-disant crise de la participation politique des jeunes ne résulte pas d’un regard « euro-centré » qui prévient l’appréhension de pratiques juvéniles des sociétés postcoloniales, soit parce que jugées subversives et menaçantes pour l’establishment (mouvements punk et rap, jeunes des favelas), soit parce que supposées impossibles, par exemple sous les régimes autoritaires. Au cours de ce colloque, nous chercherons donc à comprendre les lieux d’engagement politique des jeunes d’aujourd’hui, leurs actions de résistance, leurs pratiques plus organisées de contestation et de revendication, en s’attachant à les restituer dans leurs contextes institutionnels (association locale, parti politique, etc.), nationaux et politiques (autoritarisme, pluralisme). Des réflexions auront également lieu autour des modes d’appréhension théorique et méthodologique des processus de politisation des jeunes, leurs limites ainsi que les possibilités de décloisonnement des approches et des disciplines.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
Discutant-e- de la session : Nicole Gallant
section icon Date : 10 mai 2012

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