Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Célia Dèbre : Université de Bretagne-Occidentale
La notion de sociotope, forgée par l'urbaniste suédois Alexander Stahle, invite à repenser la prise en compte des espaces ouverts dans l'aménagement des villes. Dans ce domaine, la méthode d'analyse des sociotopes consiste en un protocole relativement sophistiqué associant approches quantitatives et qualitatives. L'innovation réside dans son intégration au processus de planification urbaine en repérant les espaces stratégiques à ménager, ceux auxquels les habitants sont le plus singulièrement attachés, et en les intégrant, avec les pratiques sociales qui y sont associées, dans les documents et outils de planification urbaine. La méthode initiée en Suède est en cours d'expérimentation dans une commune périurbaine et littorale de l'agglomération de Lorient en Bretagne. Elle vient enrichir et complexifier, sur ce territoire soumis à de fortes pressions foncières, une réflexion déjà initiée autour de l'intégration d'une trame verte et bleue aux documents de planification. Ainsi cette méthode renouvelle-t-elle la problématique de la prise en compte par les différents acteurs en présence de la complexité des espaces ouverts, des valeurs et des pratiques qui y sont associées. Cette méthode, en cours d'appropriation par les acteurs, semble pouvoir favoriser une rupture souhaitable avec une vision disjonctive des espaces ouverts : valeur écologique/valeur agricole/valeur sociale.
La thématique retenue pour cette proposition de colloque concerne le traitement technique et politique des espaces ouverts des agglomérations urbaines. Il est ici question de l’ensemble des espaces non bâtis situés en périphérie proche ou lointaine des agglomérations, mais dont les fonctionnalités, les modalités de gestion et le devenir à court et moyen termes dépendent des acteurs parties prenantes des dynamiques métropolitaines. L’usage des ressources, notamment celles relatives au sol, la maîtrise de l’étalement urbain, la préservation des espaces agricoles, forestiers et des réservoirs de biodiversité, la sécurité alimentaire pour des populations de plus en plus urbaines sont autant de défis à relever durant ce millénaire. Si ces questions intéressent les milieux académiques depuis quelques décennies, elles pénètrent petit à petit la sphère publique à travers les questions d’aménagement et de développement local.
D’un point de vue plus systémique, il faut tenir compte que le devenir des espaces ouverts et leur contribution au développement soutenable des régions métropolitaines sont de plus en plus liés à leur intégration dans les processus de globalisation. Les conséquences de cette intégration s’expriment en termes de restructuration socioéconomique et de reconfiguration des systèmes d’acteurs autour de questions communes ayant souvent trait à la montée des incertitudes et des interdépendances. Autant de questions vives que nous proposons d’articuler autour de trois points convergents : 1) Comment les enjeux de préservation des espaces ouverts métropolitains questionnent-ils les politiques alimentaires et agricoles des métropoles? 2) Comment la gestion de la biodiversité des espaces ouverts est-elle conçue et rapproche-t-elle mondes techniques et politiques? 3) Comment les acteurs responsables de la gouvernance métropolitaine construisent-ils la question éminemment politique de la gestion des espaces ouverts?