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En 1968, Paul Ralph Ehrlich, un biologiste américain, publie un livre intitulé The Bomb Population (traduit en français en 1971 sous le titre La Bombe P), dans lequel il professe que dans les années 1970 et 1980, des centaines de millions d'humains périraient faute de moyens pour les nourrir. Habité par une vision apocalyptique de la situation des années 1960, il prédisait donc le pire, qui ne s'est pas produit. Régulièrement, de telles prédictions reviennent pourtant dans des discours démographiques, écologistes, etc. et sont tout aussi régulièrement contestés notamment dans des discours pronatalistes. Le vocabulaire apocalyptique employé pour décrire l'évolution démographique de la population (que ce soit pour en souligner les conséquences liées à une sur-population ou à une sous-population) nous conduira, dans le cadre de cette communication, à cerner à partir d'illustrations tirées d'un corpus de textes variés (écrits scientifiques et de vulgarisation, articles de journaux, sites Internet), la place de ce concept dans les prédictions démographiques, ses usages, ses interprétations et ses enjeux sociaux et politiques.
Ce colloque s’inspire de l’aura apocalyptique conférée à l’année 2012 pour proposer une série de réflexions sur la fin du monde et les scénarios de mort universelle qui l’accompagnent d’ordinaire. Si les visions d’apocalypse ont de tout temps fait partie des structures narratives par le biais desquelles l’humanité a pensé ou imaginé le devenir de la vie sur terre, il nous a semblé que nous assistions, en ce moment, surtout depuis le 11 septembre 2001, à une réactivation sans précédent des discours, mythes et métaphores liés, de près ou de loin, à l’idée de catastrophe totale. Issus d’un contexte biblique (Apocalypse, Armageddon, Jugement dernier) avec lequel ils ont souvent accusé d’importantes distances (notamment en matière de pessimisme), les imaginaires de la fin qui s’affirment aujourd’hui semblent s’être amalgamés à une diversité de pratiques créatrices et d’activités sociales de l’être humain. Du cinéma-catastrophe hollywoodien aux prédictions touchant le réchauffement climatique; des discours sur l’Allemagne nazie à ceux sur le sida ou la grippe H1N1; des tensions de Washington avec le Moyen-Orient aux tsunamis survenus au large des côtes de l’Indonésie ou du Japon, combien d’enjeux actuels ne prêtent pas à une transposition sous forme d’apocalypse? La thématique apocalyptique constitue même un point de rencontre, qui eût paru improbable il y a à peine 15 ou 20 ans, entre la recherche universitaire et la culture populaire, avec notamment l’étude transmédiatique de fictions post-apocalyptiques dans la bande dessinée, les téléséries ou les jeux vidéo, sans compter les scénarios d’apocalypse zombie auxquels s’intéressent de plus en plus d'universitaires. Ce colloque, ouvert à des chercheurs de toutes disciplines, se propose de faire le point sur la question. Du fait de sa transdisciplinarité, il permettra de dégager des perspectives inédites sur notre souci de l’avenir.