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Thierry Deroo : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le modèle unique de gestion et de protection du territoire agricole au Québec s'est développé à la fin des années 1970, face à une urgence d'agir. Ce qui avait été considéré comme un bon coup à l'époque semble aujourd'hui dépassé et de plus en plus critiqué. En effet, on reproche, à la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (LPTAA) et tout ce qu'elle implique, la poursuite de l'étalement urbain ainsi que sa rigidité dans les milieux ruraux périphériques. La gestion du territoire agricole est également blâmée pour favoriser une agriculture industrialisée au dépend des plus petites entreprises artisanales, biologiques, de créneaux ou autre. Suite à la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois (CAAAQ) en 2006, le Ministère de l'Agriculture et des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) a lancé un projet pilote dans lequel huit MRC, dispersées sur le territoire québécois, ont élaboré un PDZA. Même si le MAPAQ a imposé quelques objectifs et certains éléments à intégrer, les MRC ont eu une grande latitude autant dans l'élaboration que dans la mise en œuvre du document. Il sera question, lors de cette communication, de la participation citoyenne dans les PDZA ce qui correspond à un des éléments traité dans le cadre d'un mémoire de maîtrise. L'emphase sera mise sur les acteurs ayant été impliqués, ainsi que sur le moyen communicationnel utilisé au sein des PDZA situés en milieu périurbain.
La thématique retenue pour cette proposition de colloque concerne le traitement technique et politique des espaces ouverts des agglomérations urbaines. Il est ici question de l’ensemble des espaces non bâtis situés en périphérie proche ou lointaine des agglomérations, mais dont les fonctionnalités, les modalités de gestion et le devenir à court et moyen termes dépendent des acteurs parties prenantes des dynamiques métropolitaines. L’usage des ressources, notamment celles relatives au sol, la maîtrise de l’étalement urbain, la préservation des espaces agricoles, forestiers et des réservoirs de biodiversité, la sécurité alimentaire pour des populations de plus en plus urbaines sont autant de défis à relever durant ce millénaire. Si ces questions intéressent les milieux académiques depuis quelques décennies, elles pénètrent petit à petit la sphère publique à travers les questions d’aménagement et de développement local.
D’un point de vue plus systémique, il faut tenir compte que le devenir des espaces ouverts et leur contribution au développement soutenable des régions métropolitaines sont de plus en plus liés à leur intégration dans les processus de globalisation. Les conséquences de cette intégration s’expriment en termes de restructuration socioéconomique et de reconfiguration des systèmes d’acteurs autour de questions communes ayant souvent trait à la montée des incertitudes et des interdépendances. Autant de questions vives que nous proposons d’articuler autour de trois points convergents : 1) Comment les enjeux de préservation des espaces ouverts métropolitains questionnent-ils les politiques alimentaires et agricoles des métropoles? 2) Comment la gestion de la biodiversité des espaces ouverts est-elle conçue et rapproche-t-elle mondes techniques et politiques? 3) Comment les acteurs responsables de la gouvernance métropolitaine construisent-ils la question éminemment politique de la gestion des espaces ouverts?
Titre du colloque :