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Sonia Gsir : Université de Liège
L'européanisation des politiques migratoires soulève de nouveaux débats sur la mobilité en particulier celle liée au travail. Depuis la fin des années 1990, un discours favorable à une nouvelle immigration de travail en Europe a progressivement vu le jour au niveau européen et coexiste avec un discours de fermeture des frontières.
Cette communication vise à exposer le développement d'une politique européenne d'immigration de travail depuis l'entrée en vigueur du Traité d'Amsterdam. L'accent est placé sur les discours des acteurs européens, la Commission européenne notamment, de manière à mettre en lumière les logiques qui sous-tendent la politique adoptée. La première partie expose les étapes majeures du processus politique européen d'entrouverture à l'immigration de travail. Dans la deuxième partie, on examine la première loi européenne en la matière : la Directive du Conseil établissant les conditions d'entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers aux fins d'un emploi hautement qualifié appelée aussi directive carte bleue. Les caractéristiques du nouveau migrant désiré (le travailleur hautement qualifié) sont mises en exergue. La troisième partie passe brièvement en revue les derniers développements européens relatifs à l'immigration de travail. Les conclusions soulignent la logique adoptée au niveau européen et ses paradoxes en termes de gestion de la mobilité.
Les facteurs de mobilité des personnes à l’échelle mondiale se sont grandement complexifiés au cours des deux dernières décennies. Les sociétés se retrouvent avec une gamme de types de migrants, dont les motivations, les trajectoires, les statuts et les modes d’insertion ne se laissent plus saisir aisément, avec d’énormes conséquences sur les politiques publiques de régulation de l’immigration et de la diversité. Les paradigmes théoriques avec lesquels on aborde la migration internationale comportent des aspects contradictoires, selon l’échelle à laquelle on se place. Un paradigme axé sur les droits ne tiendra pas compte adéquatement des enjeux politiques et des rapports de force qui interviennent en amont ou en aval du phénomène migratoire. Un autre paradigme axé uniquement sur ces rapports de force aura tendance à ne pas tenir compte des enjeux juridiques et normatifs soulevés. Un paradigme axé seulement sur l’État nation omettra de prendre en considération les réseaux transnationaux. Or, le choix des paradigmes a une incidence majeure sur les orientations normatives qui sont incarnées dans les politiques publiques. C’est l’ensemble de ces questions que ce colloque entend examiner.
Plus précisément, le colloque s’articule autour de trois axes : 1) Prendre acte des données empiriques nouvelles et des tendances lourdes concernant les migrations internationales, autant sur le plan qualitatif que sur le plan quantitatif. 2) Identifier les principaux enjeux qui en résultent en matière de politiques d’immigration et d’insertion/incorporation (sur les plans de l’emploi, de l’éducation, de la participation sociale ou de l’aménagement de la diversité ethnoculturelle et religieuse dans l’espace public). 3) Enfin, faire une réflexion comparative sur les paradigmes utilisés pour appréhender ces changements dans les pays occidentaux, identifier leurs apories et leurs angles morts.
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