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Eric MUTABAZI : Université catholique de l'Ouest
Depuis les années 1950, le Rwanda a connu les guerres, les massacres et le génocide en 1994. Ces horribles événements ont mis en doute le principe de la citoyenneté (qui est défini par Schnapper (1994) comme le dépassement de toutes nos appartenances sociales) et de la politique comme moyen d'aider les citoyens à vivre ensemble au sein de la même Nation (Etat). Après le génocide, plusieurs chercheurs ont tenté d'expliquer les causes de ces conflits sanglants, mais les raisons restent jusqu'aujourd'hui diverses. Cependant, les facteurs historiques et politiques fondés sur les idéologies de divisions ethniques, restent, pour plusieurs personnes, la véritable clé qui a conduit à ces horribles événements. Ainsi, comme les facteurs historiques et politiques sont toujours liés à l'éducation, nous avons voulu savoir « en quoi l'éducation aurait-elle contribué à la non formation d'une communauté des citoyens (voire à l'échec de la formation au vivre ensemble) au Rwanda ? » Pour répondre à cette question, nous avons effectué les enquêtes sur le terrain et nous avons analysé le contenu des manuels scolaires. Lors de notre communication, nous présenterons les résultats de nos travaux et nous proposerons des éléments fondamentaux qui pourraient à la fois éviter la division, mais aussi contribuer au « vivre ensemble » entre les Rwandais.
Si la coexistence a toujours représenté un enjeu de taille de la condition humaine, cet enjeu se pose avec encore plus d’acuité dans nos sociétés contemporaines puisqu’elles ont désormais à composer avec diverses figures affirmées de l’Autre — nationalité, ethnie, religion, orientation sexuelle, classe sociale, genre, etc.
En Europe comme au Québec, les débats, réflexions et propositions portant sur ce thème tendent à se concentrer en particulier sur la diversité culturelle et religieuse issue de l’immigration au sein des États-nations. Dans d’autres régions du monde où l’accès même à la démocratie reste un combat qui est loin d’être gagné, des espoirs d’un mieux-vivre ensemble sont éveillés, mais de nombreuses questions et inquiétudes demeurent quant aux conceptions du vivre ensemble qui vont se dessiner. En Afrique, l’installation de gouvernements d’union nationale, la recherche d’équilibre régional et les commissions dialogue et réconciliation pour recréer le lien social disloqué par les conflits armés et autres génocides, sont autant de mesures mises en œuvre pour un meilleur vivre ensemble. Les situations post-conflictuelles appellent à un pari sur l’éducation à cet égard.
Organisé par le Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation (GREE) et l’Association francophone d’éducation comparée (AFEC), ce colloque a pour but de dégager des éléments porteurs pour penser les fondements et visées, analyser les contextes, les orientations et les pratiques et développer des outils pour éduquer au « vivre ensemble ».
Au programme, une soixantaine de présentations par des chercheurs en provenance de 14 pays. Un lancement conjoint : L’Éthique et culture religieuse en question,PUQ ; revue Éducation comparée. Le colloque est financé par l'Agence universitaire de la Francophonie, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, l’Université du Québec, l'UQAM et l'UQTR.
Thème du colloque :