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Luca Paltrinieri : École normale supérieure
Nous présenterons les résultats d'une recherche-action menée à TECOMAH, école de l'environnement de la CCIP, avec des étudiants de bac professionnel en 2010-2011, sur la problématique de la sanction. La recherche-action a été conduite par un chercheur du CIRPP en collaboration avec des enseignants, des responsables pédagogiques de TECOMAH, des élèves. Les enseignants de l'école étaient demandeurs d'une réflexion visant à diminuer le nombre des sanctions à TECOMAH. Nous avons pensé y répondre à travers des ateliers de réflexions sur le sens de la loi, du règlement et de la sanction dans les classes, pour enfin nous concentrer sur un seul objet : l'écriture, par les étudiants eux-mêmes, d'un projet de loi sur l'usage des téléphones portables dans les classes. Cette recherche-action pourrait ensuite être expérimentée ailleurs, sur d'autres objets ou d'autres aspects du « vivre ensemble ». Nous expliciterons nos référents théoriques et le dispositif mis en place pour susciter une discussion entre les étudiants et leurs enseignants. Le « chercheur collectif », un groupe de réflexion comprenant le chercheur et des acteurs de l'école, pourrait être considéré comme la principale innovation pédagogique de cette recherche-action. L'hypothèse de recherche est que les problèmes d'indiscipline peuvent se régler davantage par une augmentation de la puissance d'agir des étudiants et des enseignants vis-à-vis du règlement existant et de sa transformation.
Si la coexistence a toujours représenté un enjeu de taille de la condition humaine, cet enjeu se pose avec encore plus d’acuité dans nos sociétés contemporaines puisqu’elles ont désormais à composer avec diverses figures affirmées de l’Autre — nationalité, ethnie, religion, orientation sexuelle, classe sociale, genre, etc.
En Europe comme au Québec, les débats, réflexions et propositions portant sur ce thème tendent à se concentrer en particulier sur la diversité culturelle et religieuse issue de l’immigration au sein des États-nations. Dans d’autres régions du monde où l’accès même à la démocratie reste un combat qui est loin d’être gagné, des espoirs d’un mieux-vivre ensemble sont éveillés, mais de nombreuses questions et inquiétudes demeurent quant aux conceptions du vivre ensemble qui vont se dessiner. En Afrique, l’installation de gouvernements d’union nationale, la recherche d’équilibre régional et les commissions dialogue et réconciliation pour recréer le lien social disloqué par les conflits armés et autres génocides, sont autant de mesures mises en œuvre pour un meilleur vivre ensemble. Les situations post-conflictuelles appellent à un pari sur l’éducation à cet égard.
Organisé par le Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation (GREE) et l’Association francophone d’éducation comparée (AFEC), ce colloque a pour but de dégager des éléments porteurs pour penser les fondements et visées, analyser les contextes, les orientations et les pratiques et développer des outils pour éduquer au « vivre ensemble ».
Au programme, une soixantaine de présentations par des chercheurs en provenance de 14 pays. Un lancement conjoint : L’Éthique et culture religieuse en question,PUQ ; revue Éducation comparée. Le colloque est financé par l'Agence universitaire de la Francophonie, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, l’Université du Québec, l'UQAM et l'UQTR.