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La signification de la rue pour les jeunes de la rue

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Susannah Taylor : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Cette présentation vise la diffusion des résultats d'une étude qualitative et exploratoire, qui examine la signification contemporaine de la rue pour les jeunes de la rue ainsi que son influence sur leur parcours de vie. La rue et les espaces en dehors du foyer ont été historiquement des lieux occupés par les jeunes qui ont démontré leur capacité de s'approprier leur environnement. C'est donc dans la rue et les espaces publics que certains jeunes ont fait la transition à l'âge adulte. Alors que, dans le contexte actuel, plusieurs reconnaissent l'importance d'aider les jeunes à sortir de la rue, il faut se poser la question suivante, soulevée par Parazelli et Colombo (2004 : 150) : « doit-on sortir le jeune de la rue comme on sort une victime de son malheur ou doit-on mieux soutenir les efforts entrepris par les jeunes de la rue pour s'en sortir lorsque ceux-ci en prennent la décision? »

La méthodologie de l'étude est axée sur des entrevues semi-structurées auprès de sept jeunes âgés de 18 à 20 ans, recrutés dans la ville d'Ottawa. Les jeunes attribuent quatre significations à la rue : 1) la rue comme un lieu de famille; 2) la rue comme possibilité de commencer à nouveau et comme source d'espoir; 3) la rue comme lieu de prise de pouvoir et de résistance et 4) la rue comme période de transition. Les résultats soulignent que les interventions et les politiques concernant la sortie des jeunes de la rue devraient tenir compte du sens que les jeunes eux-mêmes attribuent à la rue.

Résumé du colloque

Les représentations sociales autour de la participation politique des jeunes reposent depuis quelques décennies déjà sur l’idée qu’elle serait en crise. Cette vision d’une dépolitisation de la population juvénile mérite toutefois d’être nuancée. Premièrement, le cadre référentiel ultime des travaux sur l’engagement politique semble être le militantisme de gauche voué à une cause collective, si bien que les « nouveaux engagés » et les formes juvéniles d’action politique moins conventionnelles restent dans l’ombre. Deuxièmement, c’est peut-être la définition même du processus de politisation, qui suppose l’opposition directe au pouvoir, qui induit en erreur. Or, même dans les cas où des actions s’opèrent de manière atomisée et diffuse, leur agrégation peut aboutir à des formes de résistance ou de protestation collective. Troisièmement, il est approprié de se demander si la soi-disant crise de la participation politique des jeunes ne résulte pas d’un regard « euro-centré » qui prévient l’appréhension de pratiques juvéniles des sociétés postcoloniales, soit parce que jugées subversives et menaçantes pour l’establishment (mouvements punk et rap, jeunes des favelas), soit parce que supposées impossibles, par exemple sous les régimes autoritaires. Au cours de ce colloque, nous chercherons donc à comprendre les lieux d’engagement politique des jeunes d’aujourd’hui, leurs actions de résistance, leurs pratiques plus organisées de contestation et de revendication, en s’attachant à les restituer dans leurs contextes institutionnels (association locale, parti politique, etc.), nationaux et politiques (autoritarisme, pluralisme). Des réflexions auront également lieu autour des modes d’appréhension théorique et méthodologique des processus de politisation des jeunes, leurs limites ainsi que les possibilités de décloisonnement des approches et des disciplines.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
Discutant-e- de la session : Martin Goyette
section icon Date : 10 mai 2012

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