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Clement Previtali : Université de Franche-Comté
Cette communication a pour objectif d'analyser les différentes modalités de construction ou de déconstruction des « connectivités » à partir des clubs sportifs des villages ruraux. Les associations sportives, par les contacts sociaux organisés au sein de leur configuration, permettent aux adhérents d'intérioriser des savoirs spécialisés et d'incorporer un véritable univers symbolique. Cet « esprit club », fortement ancré au sein d'une culture populaire, est peu analysé sous le versant rural. Il joue pourtant un rôle fondamental pour les adhérents, contribuant au « processus de socialisation, d'acquisition, d'individuation, d'identification, de singularisation, de distinction, voire d'exclusion mettant en situation des personnes et/ou des groupes » (Callède, 2007). Par sa socialisation, puis par sa trajectoire sociale, l'adhérent incorpore un ensemble de manières de penser, de sentir et d'agir, qui se révèlent durables. L'esprit club permet d'intégrer un esprit de discipline et de développer un attachement au club à travers différents codes sociaux, comportements, obligations, et valeurs qui permettent à l'individu de construire des connectivités au sein de ce cadre. Dans cette communication, nous souhaitons 1) aborder l'étude du processus de transmission de l'esprit club et 2) démontrer que cette dynamique exerce une influence déterminante sur la structuration des connectivités / dé-connectivités ainsi que sur la pérennité des associations sportives rurales.
À une époque où les modes de communication technologiques bouleversent les activités tout autant que les façons de transmettre les passions en loisir, où les cloisons étanches entre le temps de travail et de loisir, entre l’espace privé et public s’amenuisent, ce colloque vise à susciter des réflexions sur les modalités de transmission et de circulation des savoirs par et à travers le loisir.
La circulation des savoirs équivaut à parler de la circulation des ressources et des capacités, mais aussi des codes et des règles. En effet, la transmission des savoirs par des activités de loisir met en perspective des liens entre donateurs et donataires à la base de formes de domination et/ou d’émancipation. Les changements dans la transmission des savoirs influenceront donc inévitablement les modes de reproduction ou d'innovation dans le loisir, engendrant tant des ruptures dans les pratiques que créant de nouvelles occasions d’échanges, de socialisation et de mise en commun des connaissances. La circulation des savoirs permet aussi à des intervenants du milieu social ou de la santé, de soutenir des pratiques de loisir possédant une valeur intégrative et renforçant des processus d’insertion et d’empowerment.
La question peut être abordée sous plusieurs angles : rôle de la technologie dans la transmission des savoirs et des passions en loisir, circulation des savoirs et des formes d’émancipation et de reconnaissance, circulation des savoirs entre pratiquants et administrateurs, mise en place d’activités intergénérationnelles, transmission et communautés (famille, groupes de pairs, associations), évolution des modes de socialisation, déplacement des frontières entre les classes, les nations et les individus, loisir et marqueurs identitaires, etc. Le colloque devrait donner lieu à des propositions de transmission des savoirs « pratiques » (ex. les connaissances des personnes engagées dans des activités) autant que des savoirs « savants » (ex. théoriques).
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