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Jean-Guy Blais : Université de Montréal
Le concept de validité dans le domaine de l'évaluation des apprentissages a beaucoup évolué depuis le début du 20e siècle. La définition la plus souvent reprise actuellement s'inspire de celle mise de l'avant par Messick en 1989 dans la 3ième édition du livre Educational Measurement. Plus récemment, Kane dans la 4e édition de Educational Measurement (en 2004) a introduit l'idée que ce qui était prépondérant était le processus de validation et que celui-ci devait être considéré comme une structure argumentative qui est déterminante pour la plausibilité de l'interprétation des scores. D'autres, comme Boorsboom et ses collègues (2004), plaident plutôt pour un retour à une définition qui a longtemps prévalu et qui mettait de l'avant l'instrument lui-même comme objet de la validité. En rappelant les différences entre «évaluation» et «mesure», la communication fera un retour sur ces différentes prises de position en les situant d'abord dans un contexte d'épistémologie évolutive et, ensuite, en faisant un parallèle avec ce qu'on retrouve dans les sciences de la nature en prenant comme base de discussion la question suivante. Qu'est-ce qui devrait être valide dans le cas de la mesure du poids: la balance, le nombre qui apparaît sur le cadran ou les conclusions qu'on peut tirer à partir de la lecture du nombre sur le cadran?
Notre colloque invite les participants à porter sur les pratiques d’évaluation et de mesure un regard critique permettant de cerner leurs enjeux socio-éthiques et socio-politiques à partir de divers horizons disciplinaires. Trois aspects complémentaires de l’évaluation sont proposés 1) L’évaluation comme mode d’action : l’évaluation prend généralement appui sur un ensemble de procédures obéissant à des critères qui visent à garantir leur fiabilité et leur validité. On peut interroger les fondements de ces procédures, leurs limites, et les types de décisions et d’actions auxquels elles conduisent. 2) L’évaluation comme mode de pensée : l’évaluation est nécessairement sous-tendue par des principes, des règles qui orientent l’action et servent à justifier des choix. Elle est une forme de rationalisation permettant de légitimer des décisions. On peut interroger la légitimité des usages que l’on fait des résultats de l’évaluation à diverses fins. 3) L’évaluation comme mode de description : l’évaluation fait intervenir des systèmes de valeurs conduisant à des façons de catégoriser et de hiérarchiser le réel. Elle établit des normes, des standards qui, bien que relevant de construits socio-historiques apparaissent comme des descriptions de la réalité. On peut interroger ces modes de descriptions, notamment à travers les conséquences non intentionnelles des pratiques évaluatives.
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