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Jrene Rahm : Université de Montréal
Inspirée de l'approche historico-culturelle, cette communication portera sur le questionnement critique autour de la présentation des jeunes et leur voix dans la recherche et la pratique en éducation (Daniels, Cole & Wertsch, 2007). La présentation proposera un survol des concepts clés théoriques. Une des idées centrales de l'approche est que l'apprentissage et le développement identitaire des jeunes, toujours en co-construction, se réalisent à travers l'action et la médiation d'outils culturels et/ou d'autrui. Dans cette optique, la recherche et l'interaction pédagogique avec les jeunes se font toujours en collaboration en portant une attention particulière au dialogue entre le chercheur ou l'enseignant et le jeune. Ainsi, la voix du jeune fait partie de la réalité dans lequel se trouve tant le chercheur que l'enseignant (Vadeboncoeur & Stevens, 2005). Une telle symétrie dans ce rapport encourage aussi un certain regard critique face au rôle primordial du jeune et aux défis d'interprétation de sa voix et de ses actions (Ares, 2010). Pour illustrer les défis que pose un tel cadre théorique, des exemples seront tirés de recherches impliquant des jeunes dans des programmes communautaires. Le recours à cette approche soulève plusieurs questions, notamment quant à l'interprétation des actions et du projet identitaire des jeunes, la représentation de leurs actions et prise en compte de la voix des jeunes en éducation (Best, 2007; Kincheloe & hayes, 2007).
La recherche auprès des jeunes connaît une évolution dans divers domaines, notamment ceux en lien avec leur culture et leur apprentissage. Plusieurs critiques ont déploré l’approche adulto-centrée des recherches traditionnelles et prônent une vision plus positive et compétente de l’enfant. Au tournant du 21e siècle, par la signature de la Convention relative aux droits de l’enfant, s’impose de plus en plus l’idée que les jeunes ont leur mot à dire dans les décisions qui les concernent. En sciences sociales, on ne voit plus le jeune seulement en le définissant par son appartenance à une entité plus grande (famille, école, nation) et par son devenir (le chemin à parcourir pour devenir adulte); on le considère en tant qu’individu complet, dans ce qu’il est et pense actuellement, à partir de son point de vue propre. Or, quel mot ont à dire les jeunes au sujet des recherches qui les concernent? L’objectif de ce colloque est de tracer un portrait des recherches actuelles en éducation auprès des jeunes. Un premier angle sur lequel se questionner concerne les cadres théoriques qui permettent d’appréhender ces phénomènes à partir du point de vue du jeune, tout en tenant compte de sa position sociale et de ses interactions avec, notamment, les adultes, dont les enseignants dans le contexte scolaire. Un deuxième angle à questionner est celui des méthodes de recherche utilisées. Si l’on considère de plus en plus les jeunes comme des informateurs de premier plan sur les sujets qui les concernent, ne garde-t-on pas une approche adulto-centrée dans le contexte d’une collecte de données? Par exemple, en quoi les méthodes utilisées permettent aux jeunes de rendre compte de leur point de vue par des voies qui sont les leurs, dans un contexte qui leur est familier? Ainsi, le colloque a pour vue de tracer un portrait de la recherche actuelle auprès des jeunes en contexte scolaire, tout en questionnant les cadres théoriques et les outils méthodologiques mis de l’avant pour la faire.
Thème du colloque :