pen icon Colloque
quote

« L'Afrique n'existe pas » : nouveaux enjeux épistémologiques ou l'habitat du tiers-lieu

CS

Membre a labase

Célia Sadai : Sorbonne Université

Résumé de la communication

La confrontation de la littérature avec le mondialisme constitue l'enjeu épistémologique des littératures contemporaines d'Afrique francophone. Le débat à l'œuvre questionne la nécessité d'une refonte de l'approche critique des textes. En 2007, le manifeste Pour une littérature-monde en langue française diffuse les idées contestataires des écrivains qui veulent en finir avec le paradigme « francophone » et ses latences politiques et historiques, comme avec le référent « Afrique », systématisé par la critique anthropologique. Les auteurs rejettent l'idée d'appartenance, conjointe à celle de responsabilité collective, deux avatars d'une identité africaine déclarée fantasmatique.

Dès lors, l'« effet-monde » creuse la rupture épistémologique : la crise des États-Nations africains comme la réalité de l'édition et du lectorat en Afrique invalide l'approche comparatiste qu'on aurait pu substituer aux lectures francophoniste ou postcoloniale.

Le récent essai d'Alain Mabanckou Le sanglot de l'homme noir annonce la victoire du mondial contre le local, le national, et le colonial. Empruntant au libéralisme pragmatique nord-américain, le romancier installé aux États-Unis déconstruit radicalement le regard francocentriste sur la marche du monde. À ce titre, l'Amérique semble le promontoire idéal des « écrivains voyageurs », loin de toute idéologie collective. Dès lors, en lieu d'une poétique comparée, on perçoit les contours d'une critique comparée, ou pensée du tiers lieu.

Résumé du colloque

Quel est l’impact des nouveaux médias sur l’étude de la littérature ? Qu’advient-il des processus artistiques et des translations culturelles dans une économie du savoir mondialisée ? Que veut-dire être comparatiste à Montréal aujourd’hui ? C’est à ces questions que nous tenterons de répondre par le biais du colloque Mondialisme et littérature. Nous vivons dans un monde culturel de plus en plus complexe – en témoigne le récent mouvement Occupy Wall Street. Nous sommes d’avis que l’étude des relations entre mondialité et littérature est très importante pour trouver des passerelles qui ne réduisent pas le mondialisme à la sphère de l’économie de marché, ou le monde à une économie de transactions identitaires. Or, de Paris à New York, la littérature comparée, discipline pluricentenaire, renouvelle son objet d’étude. À l’occasion du colloque Mondialisme et littérature, nous convions les chercheurs en études littéraires, en arts et en sciences humaines à une réflexion visant à démocratiser le comparatisme, à cerner son caractère iconoclaste, ses impasses, de même que ses nouvelles modalités. On pourra d’emblée chercher à définir ce que signifie l’acte de comparer aujourd'hui alors que dominent les discours sur l’hybridité et le métissage. On se demandera par ailleurs si certains éléments de la littérature québécoise, qui s’énonce dans un contexte de pluralité linguistique, gagneraient à être étudiés au moyen du comparatisme. On discutera des nouveaux visages de la littérature comparée (Amérindiens, arabophones, Asiatiques, etc.) qui doivent être pris en compte dans le cadre d’une étude des phénomènes d’interculturalité contemporains. On explorera enfin de quelle manière les nouvelles technologies et problématiques intermédiales travaillent la littérature comparée. Dans le cadre du colloque Mondialisme et littérature, il s’agira en somme d’envisager Montréal comme le site culturel d’une nouvelle pensée comparatiste.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
news icon Thème du colloque :
Mondialisme et littérature
section icon Date : 10 mai 2012

Découvrez d'autres communications scientifiques

news icon

Titre du colloque :

Mondialisme et littérature

Autres communications du même congressiste :

news icon

Thème du colloque :

Mondialisme et littérature