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Mathieu Gagnon : Université de Sherbrooke
Les travaux de recherche en lien avec la pratique du dialogue philosophique sont de plus en plus nombreux. Notre équipe s'est penchée, notamment, sur les apprentissages que disent effectuer des élèves du secondaire pratiquant la philosophie sur une base régulière. Une centaine d'élèves ayant entre 1 et 5 années de pratique philosophique ont été invités à répondre à deux questions ouvertes, l'une touchant les apprentissages au sens large («Selon vous, faites-vous des apprentissages en CRP? Si oui, lesquels? Si non, pourquoi?») (Gagnon, Couture et Yergeau, 2011), l'autre se rapportant plus directement à la question du vivre ensemble («Selon vous, est-ce que la philosophie a des impacts sur vos relations avec les autres? Lesquels? Expliquez pourquoi.») (Gagnon, 2011). Une analyse qualitative des données par processus de catégorisation émergente a conduit à relever que les réponses fournies à la première question se rapportent plus spécifiquement à des éléments touchant le développement de métaconnaissances (définir, dégager des conséquences, etc.), alors que celles découlant de la seconde font plus particulièrement référence à une série de dispositions sociales (ouverture d'esprit, écoute, etc.). Par ailleurs, une analyse croisée tend à indiquer que ces types d'apprentissage ne fonctionnent pas en vases clos, mais s'alimentent réciproquement.
Si la coexistence a toujours représenté un enjeu de taille de la condition humaine, cet enjeu se pose avec encore plus d’acuité dans nos sociétés contemporaines puisqu’elles ont désormais à composer avec diverses figures affirmées de l’Autre — nationalité, ethnie, religion, orientation sexuelle, classe sociale, genre, etc.
En Europe comme au Québec, les débats, réflexions et propositions portant sur ce thème tendent à se concentrer en particulier sur la diversité culturelle et religieuse issue de l’immigration au sein des États-nations. Dans d’autres régions du monde où l’accès même à la démocratie reste un combat qui est loin d’être gagné, des espoirs d’un mieux-vivre ensemble sont éveillés, mais de nombreuses questions et inquiétudes demeurent quant aux conceptions du vivre ensemble qui vont se dessiner. En Afrique, l’installation de gouvernements d’union nationale, la recherche d’équilibre régional et les commissions dialogue et réconciliation pour recréer le lien social disloqué par les conflits armés et autres génocides, sont autant de mesures mises en œuvre pour un meilleur vivre ensemble. Les situations post-conflictuelles appellent à un pari sur l’éducation à cet égard.
Organisé par le Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation (GREE) et l’Association francophone d’éducation comparée (AFEC), ce colloque a pour but de dégager des éléments porteurs pour penser les fondements et visées, analyser les contextes, les orientations et les pratiques et développer des outils pour éduquer au « vivre ensemble ».
Au programme, une soixantaine de présentations par des chercheurs en provenance de 14 pays. Un lancement conjoint : L’Éthique et culture religieuse en question,PUQ ; revue Éducation comparée. Le colloque est financé par l'Agence universitaire de la Francophonie, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, l’Université du Québec, l'UQAM et l'UQTR.