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Le droit à la dignité à l'épreuve des atteintes à l'environnement : le cas du Delta du Niger

UY

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Urbain Yameogo : École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM

Résumé de la communication

La question de la dignité est au cœur de la Charte africaine des droits de l'homme et des
peuples qui lui attache une dimension individuelle et collective en consacrant la dignité humaine et la dignité des peuples (art. 5 et 19). Dans la désormais célèbre affaire SERAC (2001), la Commission africaine fait observer que : « Le droit à l'alimentation est inextricablement lié à la dignité des êtres humains et il est par conséquent essentiel à la jouissance et à la réalisation des autres droits tels que les droits à la santé, à l'éducation, au travail et à la participation politique
(…). Il (le Nigeria) ne devrait pas permettre aux parties privées de détruire ou de contaminer les sources alimentaires et entraver les efforts déployés par les populations pour s'alimenter. » (Décision 155/96, octobre 2001). Sans pour autant conclure à la violation des articles 5 et 19, la Commission réaffirme l'interdépendance des droits et le lien entre environnement et droits humains. Toutefois, le Nigeria demeure encore de nos jours le terrain de nombreuses violations de
droits humains, relativement aux pratiques des firmes extractives. Cette problématique est au cœur de la Campagne dignité d'Amnesty International. Notre communication vise ainsi à cerner la dignité en tant que droit pour montrer, à travers le cas du Delta du Niger, objet de plusieurs rapports et travaux de recherche, comment les atteintes à l'environnement constituent par ricochet des
atteintes à la dignité.

Résumé du colloque

Ce colloque a pour but de mieux comprendre les liens entre les droits humains et le concept de justice environnementale, et de jeter les jalons d’une réflexion et d’un dialogue interdisciplinaires qui n’en sont encore qu’à leurs balbutiements au Canada.

Le concept de justice environnementale a pris naissance aux États-Unis au début des années 1980. Initialement mise de l’avant par des mouvements sociopolitiques préoccupés par la répartition géographique des centres d’entreposage des déchets, disproportionnément situés dans des quartiers composés de personnes vivant dans la pauvreté ou appartenant à des groupes minoritaires, la notion a depuis évolué et s’intéresse désormais plus largement à la répartition (in)équitable de toute forme de pollution ou de ses effets sur les populations, par exemple, la pollution de l’air et de l’eau, l’exploitation des ressources naturelles, la diminution de la biodiversité, les changements climatiques ainsi que l’effectivité et l’efficacité des normes environnementales adoptées par l’État. Dans une société où le droit est omniprésent et est souvent perçu, peut-être à tort, comme porteur de solutions, le concept de justice environnementale a récemment été traduit dans le langage juridique. Des activistes, juristes et autres défenseurs des droits fondamentaux font appel à cette notion dans leur lutte contre les violations des droits – dignité, égalité, intégrité et sécurité de la personne, notamment – causées par la pollution. S’il est célébré par certains, ce mariage conceptuel est source de préoccupations pour d’autres. Dans une perspective de justice environnementale, les droits fondamentaux, par leur nature individuelle et libérale, ne constitueraient pas nécessairement des outils efficaces pour lutter contre les injustices structurelles causées par l’économie de marché et les modes de production et de consommation dominants.

C’est à cette réflexion importante que vous convie ce colloque interdisciplinaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 10 mai 2012

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