Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marie-Christine Lambert-Perreault
Depuis le milieu des années 1990, une génération d'auteurs québécois originaires de la Chine, de la Corée, du Japon ou du Viêt Nam – ainsi Ying Chen, Ook Chung, Aki Shimazaki et Kim Thúy – donne à voir des représentations littéraires de l'Asie de l'Est qui sont travaillées par des fantasmes et des contre-fantasmes orientalistes. (Edward Saïd, 1978; Gilles Dupuis, 2005). Jean-Pierre Hassoun et Anne Paulin (1995) affirment qu'en situation de migration, les sujets nostalgiques développent parfois un « exotisme des origines » qui s'articule autour de la nourriture. Fulvio Caccia déclare à cet égard : « L'ethnicité devient catégorie esthétique à l'aune de laquelle on mesure la nostalgie, le manque. Or comment combler ce manque sinon en mangeant un plat régional abondant. On assimile ainsi les vertus régénératrices de l'aliment à la mémoire originelle. » (1986, p. 35) En étudiant la représentation de la nourriture et des conduites alimentaires dans quatre textes de Chen, Chung, Shimazaki et Thúy, je chercherai à mettre en lumière de quelle manière l'expérience migratoire entraîne une réorganisation des repères symboliques associés à l'aliment sur le terrain du discours littéraire, et quelles stratégies narratives orientalisantes ou contre-orientalisantes sous-tendent les rhétoriques culinaires mises en place par les auteurs.
Quel est l’impact des nouveaux médias sur l’étude de la littérature ? Qu’advient-il des processus artistiques et des translations culturelles dans une économie du savoir mondialisée ? Que veut-dire être comparatiste à Montréal aujourd’hui ? C’est à ces questions que nous tenterons de répondre par le biais du colloque Mondialisme et littérature. Nous vivons dans un monde culturel de plus en plus complexe – en témoigne le récent mouvement Occupy Wall Street. Nous sommes d’avis que l’étude des relations entre mondialité et littérature est très importante pour trouver des passerelles qui ne réduisent pas le mondialisme à la sphère de l’économie de marché, ou le monde à une économie de transactions identitaires. Or, de Paris à New York, la littérature comparée, discipline pluricentenaire, renouvelle son objet d’étude. À l’occasion du colloque Mondialisme et littérature, nous convions les chercheurs en études littéraires, en arts et en sciences humaines à une réflexion visant à démocratiser le comparatisme, à cerner son caractère iconoclaste, ses impasses, de même que ses nouvelles modalités. On pourra d’emblée chercher à définir ce que signifie l’acte de comparer aujourd'hui alors que dominent les discours sur l’hybridité et le métissage. On se demandera par ailleurs si certains éléments de la littérature québécoise, qui s’énonce dans un contexte de pluralité linguistique, gagneraient à être étudiés au moyen du comparatisme. On discutera des nouveaux visages de la littérature comparée (Amérindiens, arabophones, Asiatiques, etc.) qui doivent être pris en compte dans le cadre d’une étude des phénomènes d’interculturalité contemporains. On explorera enfin de quelle manière les nouvelles technologies et problématiques intermédiales travaillent la littérature comparée. Dans le cadre du colloque Mondialisme et littérature, il s’agira en somme d’envisager Montréal comme le site culturel d’une nouvelle pensée comparatiste.
Titre du colloque :
Thème du colloque :