pen icon Colloque
quote

Le musée comme expérience sociale

LG

Membre a labase

Laura Giancaspero : Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3

Résumé de la communication

Les musées restent demeurent fréquentés par une toute petite minorité. Comme Bourdieu l'avait déjà montré dans son enquête sur le public des musées européens, le profil du visitateur moyen se constitue, même à présent, de professionnels, diplômés, experts et amateurs, avec des revenus plutôt hauts. Par conséquence, la majorité des citoyens est exclue de l'accès à une pratique de loisir très importante, ainsi qu'à l'art et aux contenus dont elle est porteuse. Être éloigné de la culture et du savoir en général, représente une des formes les plus tenaces d'exclusion. Suivant Amartya Sen, le concept de pauvreté ne se définit pas seulement en termes de biens matériels, mais plutôt dans la plus ample perspective de capital humain. L'économiste indien propose d'étudier l'indigence, la qualité de vie et l'égalité, en analysant la chance de l'individu de vivre des expériences auxquelles il donne un jugement positif, tel qu'il puisse participer à la vie de la société et y trouver sa réalisation. L'idée qui anime cette proposition d'intervention, est celle de soumettre à l'attention de la communauté scientifique, le réseau des dispositifs de démocratisation culturelle, dans lesquels les institutions culturelles et celles d'action sociale sont impliquées. Ces dispositifs donnent aux musées un rôle actif dans la société en le libérant de sa connotation économique et en lui accordant une mission très concrète dans le cadre de la circulation des savoirs.

Résumé du colloque

À une époque où les modes de communication technologiques bouleversent les activités tout autant que les façons de transmettre les passions en loisir, où les cloisons étanches entre le temps de travail et de loisir, entre l’espace privé et public s’amenuisent, ce colloque vise à susciter des réflexions sur les modalités de transmission et de circulation des savoirs par et à travers le loisir.

La circulation des savoirs équivaut à parler de la circulation des ressources et des capacités, mais aussi des codes et des règles. En effet, la transmission des savoirs par des activités de loisir met en perspective des liens entre donateurs et donataires à la base de formes de domination et/ou d’émancipation. Les changements dans la transmission des savoirs influenceront donc inévitablement les modes de reproduction ou d'innovation dans le loisir, engendrant tant des ruptures dans les pratiques que créant de nouvelles occasions d’échanges, de socialisation et de mise en commun des connaissances. La circulation des savoirs permet aussi à des intervenants du milieu social ou de la santé, de soutenir des pratiques de loisir possédant une valeur intégrative et renforçant des processus d’insertion et d’empowerment.

La question peut être abordée sous plusieurs angles : rôle de la technologie dans la transmission des savoirs et des passions en loisir, circulation des savoirs et des formes d’émancipation et de reconnaissance, circulation des savoirs entre pratiquants et administrateurs, mise en place d’activités intergénérationnelles, transmission et communautés (famille, groupes de pairs, associations), évolution des modes de socialisation, déplacement des frontières entre les classes, les nations et les individus, loisir et marqueurs identitaires, etc. Le colloque devrait donner lieu à des propositions de transmission des savoirs « pratiques » (ex. les connaissances des personnes engagées dans des activités) autant que des savoirs « savants » (ex. théoriques).

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Pascale Marcotte
section icon Date : 10 mai 2012

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :