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Hugo Asselin : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
L'exploitation des ressources naturelles permet de répondre aux besoins essentiels de l'humanité et joue par conséquent un rôle central dans l'économie mondiale. Le gros bon sens voudrait donc que les régions où les ressources naturelles sont plus abondantes soient celles qui se développent le mieux ou le plus rapidement. Or, des études empiriques menées depuis la fin des années 1980 ont permis de démontrer précisément le contraire : les régions les mieux pourvues en ressources naturelles sont celles qui se développent le moins. Ce phénomène surprenant est communément appelé « malédiction des ressources naturelles ».
Le Plan Nord vise à faire profiter le Québec de l'explosion récente de la demande mondiale en ressources naturelles. Ambitionnant de « créer de la richesse pour tous les Québécois », le Plan Nord consiste essentiellement à « repousser la frontière » du développement, notamment en pavant la voie à des multinationales étrangères spécialisées dans l'extraction de ressources naturelles. Ce type de développement – exogène, peu diversifié et non durable – entraîne généralement la malédiction des ressources naturelles et rappelle étrangement le front pionnier ayant mené à la création de l'Abitibi-Témiscamingue au début du XXe siècle. Cette présentation explorera quelques pistes de solution pour ne pas reproduire les erreurs d'il y a 100 ans et pour conjurer le mauvais sort au Québec septentrional.
Le Plan Nord est un projet de développement du Nord québécois qui s'étend sur 25 ans, voire davantage, et qui totalisera au moins 80 G$ d'investissements publics et privés. L’objectif premier ce chantier est de développer les activités industrielles des secteurs minier, forestier et énergétique. L’envergure sans précédent de ce projet de société suscite des interrogations. C'est pourquoi une analyse critique des aspects économiques, environnementaux et sociaux du Plan Nord s'impose. Les ressources collectives que le Québec y consacrera seront-elles investies de manière optimale? Quelles sont les justifications de ce chantier et quels sont les bénéfices espérés? Les moyens proposés sont-ils adéquats? Enfin, existe-t-il des alternatives plus appropriées?
Grâce à la complémentarité des expertises de ses membres, la table ronde a pour but d’apporter des éléments de réponses à ces questions complexes. À terme, la société civile, les élus et l'administration publique devraient pouvoir profiter de cet exercice de réflexion critique et de dialogue interdisciplinaire.