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Alors que l'actualité internationale propulse le monde musulman au premier plan des préoccupations médiatiques et politiques depuis 2001, au Québec, les musulmans, de plus en plus nombreux, font l'objet de discrimination et sont souvent accusés d'être à l'origine d'un nombre élevé de demandes d'accommodements en matière religieuse, notamment à l'école publique. Dans une recherche récente « Le traitement de l'islam et des musulmans dans les manuels scolaires québécois de langue française » (Oueslati, Mc Andrew et Helly, 2010), malgré plusieurs améliorations constatées sur le plan qualitatif et quantitatif, certains biais ethnocentriques, stéréotypes et erreurs factuelles persistent, notamment dans les nouveaux manuels d'histoire. Pour compléter cette recherche et en comparaison avec celle réalisée par Sivane Hirsch sur le judaïsme, nous menons une enquête sur le traitement de ces enjeux dans les manuels d'Éthique et culture religieuse. Notre objectif vise à étudier les représentations véhiculées par le contenu des manuels en analysant une centaine d'extraits réservés à l'islam et à la communauté musulmane. Pour la première fois, des manuels proposent un matériel riche consacré aux religions minoritaires, dont le judaïsme et l'islam. Les savoirs formels de ce nouveau programme parviendront-ils à changer l'image de l'islam et des musulmans? Contribueront-ils à promouvoir un meilleur vivre ensemble et un dialogue interculturel harmonieux?
Si la coexistence a toujours représenté un enjeu de taille de la condition humaine, cet enjeu se pose avec encore plus d’acuité dans nos sociétés contemporaines puisqu’elles ont désormais à composer avec diverses figures affirmées de l’Autre — nationalité, ethnie, religion, orientation sexuelle, classe sociale, genre, etc.
En Europe comme au Québec, les débats, réflexions et propositions portant sur ce thème tendent à se concentrer en particulier sur la diversité culturelle et religieuse issue de l’immigration au sein des États-nations. Dans d’autres régions du monde où l’accès même à la démocratie reste un combat qui est loin d’être gagné, des espoirs d’un mieux-vivre ensemble sont éveillés, mais de nombreuses questions et inquiétudes demeurent quant aux conceptions du vivre ensemble qui vont se dessiner. En Afrique, l’installation de gouvernements d’union nationale, la recherche d’équilibre régional et les commissions dialogue et réconciliation pour recréer le lien social disloqué par les conflits armés et autres génocides, sont autant de mesures mises en œuvre pour un meilleur vivre ensemble. Les situations post-conflictuelles appellent à un pari sur l’éducation à cet égard.
Organisé par le Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation (GREE) et l’Association francophone d’éducation comparée (AFEC), ce colloque a pour but de dégager des éléments porteurs pour penser les fondements et visées, analyser les contextes, les orientations et les pratiques et développer des outils pour éduquer au « vivre ensemble ».
Au programme, une soixantaine de présentations par des chercheurs en provenance de 14 pays. Un lancement conjoint : L’Éthique et culture religieuse en question,PUQ ; revue Éducation comparée. Le colloque est financé par l'Agence universitaire de la Francophonie, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, l’Université du Québec, l'UQAM et l'UQTR.