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Didier Mulnet : Université Clermont Auvergne
Issue des courants d'histoire naturelle, la culture naturaliste est indissociable de l'observation, pas nécessairement scientifique mais porteuse sur le plan pédagogique. Depuis l'origine, l'opposition entre conservationnistes et préservationnistes persiste de façon récurrente dans les savoirs environnementaux parfois imprégnés d'une culture religieuse ou métaphysique.
L'écologie des écosystèmes intègre des méthodes numériques et modélisatrices, mais ne s'affranchit pas toujours des dérives idéologiques ou scientistes. Les savoirs issus de ces analyses deviennent plus techniques et mathématiques. En (ré)intégrant l'étude de l'environnement, l'écologie a intégré de nouveaux savoirs pluridisciplinaires scientifiques et techniques sans rompre réellement avec sa tradition épistémologique.
Dans le cadre du développement durable, les dimensions sociales et économiques ont fait évoluer l'écologie dans ses méthodes, ses contenus scientifiques (savoirs complexes controversés) et ses valeurs, renouvelant ses rapports à l'épistémologie et à la didactique.
De la préservation à la restauration, l'écologie a évolué vers une écologie de la réconciliation puis à une écologie de la reconnexion.
Ces nouvelles formes de savoirs qui coexistent en écologie induisent de nouvelles formes scolaires.
Les questions environnementales et de développement durable sont des questions complexes et controversées. Elles traversent l'espace public et mobilisent des acteurs de sphères professionnelles différentes qui ne partagent pas forcément les mêmes cadres de référence, les mêmes intérêts et les mêmes valeurs. Ces questions nécessitent donc, - pour être traitées de manière intéressante en contexte scolaire, universitaire, parascolaire ou de formation continue -, de croiser différents champs d'expertise, des connaissances provenant de disciplines différentes, des savoirs experts mais aussi des savoirs citoyens afin d’en arriver à des prises de décision qui tiennent compte des enjeux écologiques, sociaux, politiques, culturels, éthiques ou économiques qui y sont rattachés. L'éducation relative à l'environnement et l’éducation au développement durable misent donc sur une invitation à l'interdisciplinarité, sur des mises en dialogues et en débats des connaissances et des arguments, vers des prises de décisions et des actions plus réfléchies. De plus, de manière à renforcer l’analyse critique et l'engagement des élèves ou des formés sur les questions environnementales et de développement durable, et en cohérence avec certains principes d’une pédagogie critique, on peut viser un rapport renouvelé aux sciences et à la forme scolaire.
Ce sont ces considérations qui seront au cœur de ce colloque. Différents résultats de recherches empiriques en éducation relative à l'environnement, en éducation au développement durable et en éducation aux sciences seront présentés, s’intéressant notamment à l'analyse des représentations et des pratiques d'acteurs engagés dans différents contextes d'éducation et de formation. Nous ferons ressortir les enjeux que soulèvent de telles recherches.
Chaire de leadership en enseignement des sciences et développement durable
Université Laval
Aix-Marseille Université
Groupe de recherche en éducation et formation relatives à l'environnement (UQAM)
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