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Antoine Verret-Hamelin : Université Laval
En remplissant sa fonction économique, une compagnie réalise ou inhibe des droits individuels, comme ceux rattachés à l'emploi et au juste salaire, ou au droit à un environnement décent pour les communautés locales. Comme il s'agit de droits, leur régulation relève du domaine politique et doit être sécurisée par une instance démocratiquement légitime : l'État. Cette approche politique est évidemment challengée par la mondialisation, étant donné la limitation nationale des systèmes politiques et légaux. C'est une des raisons qui pousse certains auteurs à défendre la démocratisation des entreprises, mais cette avenue n'est pas sans problèmes. Plutôt que de faire de l'entreprise le seul garant des droits individuels qui lui sont rattachés, je défendrai l'idée d'une démocratisation et d'un renforcement des mécanismes de régulation internationaux, tels que le UN Global Compact, les ONG, les normes ISO, etc. La plupart de ces mécanismes n'ont pas une légitimité démocratique traditionnelle, c'est-à-dire par voie de vote et de représentation. Mais si l'on adopte une définition délibérative de la légitimité démocratique, il devient possible et souhaitable de démocratiser ces institutions transnationales. Sur ce point, je prendrai en exemple la norme ISO 26 000 relative à la RSE, qui fait figure de pionnière si l'on observe son processus d'élaboration.
Le congrès de la SPQ vise à rassembler les chercheurs en philosophie autour d’un thème rassembleur qui sera pour 2012 : « La philosophie interlocutrice des sciences et des arts ». Le congrès vise à interroger et analyser les différents rapports qu’entretient la philosophie avec les arts d’un côté et les sciences de l’autre côté. Ces rapports sont multiples et ouvrent plusieurs avenues théoriques. Analyse du discours philosophique comme esthétique ou scientifique, importance ou nécessité du discours philosophique pour définir ce qu’est la science ou l’art, et importance ou nécessité de l’art et de la science pour produire un discours philosophique. Ces questions ont occupé les philosophes depuis ses origines, et les réponses offertes ont évolué de façons extrêmement intéressantes et pertinentes pour la compréhension de la philosophie, de ses objets d’analyse et de sa méthodologie à travers l’histoire et encore aujourd’hui.
Les chercheurs invités seront donc appelés à aborder le thème proposé de différentes façons. Le caractère équivoque du thème est nécessaire afin de mettre de l’avant un évènement rassembleur pour des chercheurs ayant des domaines de spécialisation divers en philosophie de l’histoire, en éthique, en philosophie des sciences et en philosophie de l’esprit, en philosophie esthétique et en philosophie de la littérature, etc. Quelques exemples de thèmes pouvant être abordés par les congressistes : L’influence et la place centrale qu’occupent les sciences cognitives et les sciences sociales dans les discours en philosophie de l’esprit, en éthique et en philosophie sociale et politique. La pertinence de soumettre la science ou l’art à des normes et à des critères éthiques. L’analyse philosophique comme discours scientifique ou comme discours esthétique.
Titre du colloque :