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David Lefrançois : UQO - Université du Québec en Outaouais
Cette communication vise à analyser le contenu des manuels de l'élève en Histoire et éducation au secondaire à propos des modes d'engagement et de la participation citoyenne. Entre 2006 et 2010, 13 ensembles didactiques d'histoire publiés en français et 4 en anglais – totalisant 9922 pages – ont été achetés par les écoles québécoises. (1) Quel poids les manuels de l'élève accordent-ils au rôle que jouent les agents pour façonner le changement dans l'histoire ou y résister ? (2) Quels types de citoyens promeuvent-ils ? Notre grille de lecture s'inspire pour (1) des catégories actantielles provenant de la sémiotique (Greimas, 1983) et pour (2) de la typologie des citoyens de Westheimer et Kahne (2004) et des conceptions « édifiante » ou « critique » de la citoyenneté polarisées au Québec dans les débats sur l'enseignement de l'histoire. Nous n'examinons ici qu'un des 12 chapitres du programme au 1er cycle du secondaire (La démocratie : Athènes). La nature de l'objet d'étude appelle une méthode qualitative de collecte et d'analyse de données qui privilégie une analyse de contenu. En effet, la recherche tend vers une analyse du message et de ses déterminants sociaux. Les résultats provisoires indiquent que plusieurs auteurs de manuels promeuvent une démocratie représentative plutôt que participative et imputent la venue de la démocratie à l'action de grands individus plutôt qu'à celle des citoyens eux-mêmes.
Si la coexistence a toujours représenté un enjeu de taille de la condition humaine, cet enjeu se pose avec encore plus d’acuité dans nos sociétés contemporaines puisqu’elles ont désormais à composer avec diverses figures affirmées de l’Autre — nationalité, ethnie, religion, orientation sexuelle, classe sociale, genre, etc.
En Europe comme au Québec, les débats, réflexions et propositions portant sur ce thème tendent à se concentrer en particulier sur la diversité culturelle et religieuse issue de l’immigration au sein des États-nations. Dans d’autres régions du monde où l’accès même à la démocratie reste un combat qui est loin d’être gagné, des espoirs d’un mieux-vivre ensemble sont éveillés, mais de nombreuses questions et inquiétudes demeurent quant aux conceptions du vivre ensemble qui vont se dessiner. En Afrique, l’installation de gouvernements d’union nationale, la recherche d’équilibre régional et les commissions dialogue et réconciliation pour recréer le lien social disloqué par les conflits armés et autres génocides, sont autant de mesures mises en œuvre pour un meilleur vivre ensemble. Les situations post-conflictuelles appellent à un pari sur l’éducation à cet égard.
Organisé par le Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation (GREE) et l’Association francophone d’éducation comparée (AFEC), ce colloque a pour but de dégager des éléments porteurs pour penser les fondements et visées, analyser les contextes, les orientations et les pratiques et développer des outils pour éduquer au « vivre ensemble ».
Au programme, une soixantaine de présentations par des chercheurs en provenance de 14 pays. Un lancement conjoint : L’Éthique et culture religieuse en question,PUQ ; revue Éducation comparée. Le colloque est financé par l'Agence universitaire de la Francophonie, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, l’Université du Québec, l'UQAM et l'UQTR.
Thème du colloque :