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Vanessa Cournoyer-Cyr : Université de Sherbrooke
Les populations humaines ont longtemps eu recours à la mobilité afin de s'adapter à certains bouleversements d'ordre politique, religieux, économique ou social.
L'intensification et l'augmentation des changements climatiques depuis les années 1990 ont toutefois contribué à faire émerger un nouveau type de flux migratoires : les migrations liées aux changements climatiques. Le phénomène décrit les déplacements de personnes causés par les impacts des changements climatiques sur leur milieu de vie, lesquels rendent le maintien sur place impossible. Durant les années 1990, vingt-cinq millions de personnes avaient dû quitter leur foyer pour des motifs environnementaux ou climatiques. D'ici 2050, entre 200 millions et 1 milliard d'individus fuiront leur milieu de
vie en raison des impacts des changements climatiques sur leur milieu.
Les migrations liées aux changements climatiques posent d'importants défis en termes de gouvernance. Quelle définition peut-on donner au phénomène de migration liée aux changements climatiques? Les migrants, communément appelés réfugiés climatiques, bénéficient-ils d'une protection juridique? Quels en sont les enjeux en termes de gouvernance et d'intégration?
Les facteurs de mobilité des personnes à l’échelle mondiale se sont grandement complexifiés au cours des deux dernières décennies. Les sociétés se retrouvent avec une gamme de types de migrants, dont les motivations, les trajectoires, les statuts et les modes d’insertion ne se laissent plus saisir aisément, avec d’énormes conséquences sur les politiques publiques de régulation de l’immigration et de la diversité. Les paradigmes théoriques avec lesquels on aborde la migration internationale comportent des aspects contradictoires, selon l’échelle à laquelle on se place. Un paradigme axé sur les droits ne tiendra pas compte adéquatement des enjeux politiques et des rapports de force qui interviennent en amont ou en aval du phénomène migratoire. Un autre paradigme axé uniquement sur ces rapports de force aura tendance à ne pas tenir compte des enjeux juridiques et normatifs soulevés. Un paradigme axé seulement sur l’État nation omettra de prendre en considération les réseaux transnationaux. Or, le choix des paradigmes a une incidence majeure sur les orientations normatives qui sont incarnées dans les politiques publiques. C’est l’ensemble de ces questions que ce colloque entend examiner.
Plus précisément, le colloque s’articule autour de trois axes : 1) Prendre acte des données empiriques nouvelles et des tendances lourdes concernant les migrations internationales, autant sur le plan qualitatif que sur le plan quantitatif. 2) Identifier les principaux enjeux qui en résultent en matière de politiques d’immigration et d’insertion/incorporation (sur les plans de l’emploi, de l’éducation, de la participation sociale ou de l’aménagement de la diversité ethnoculturelle et religieuse dans l’espace public). 3) Enfin, faire une réflexion comparative sur les paradigmes utilisés pour appréhender ces changements dans les pays occidentaux, identifier leurs apories et leurs angles morts.
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