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Les forums jeunesse régionaux du Québec : un engagement citoyen adapté aux réalités locales?

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Céline Oberlé : INRS - Institut national de la recherche scientifique

Résumé de la communication

Les Forums jeunesse régionaux du Québec ont été créés en 1998 par le gouvernement du Québec afin d'inclure les jeunes dans le développement de leurs régions. Aujourd'hui, ces forums jeunesse sont devenus un vecteur important de la participation citoyenne des jeunes du Québec et viennent contester l'idée selon laquelle la participation des jeunes est en crise.À l'intérieur d'un cadre national et des directives édictées par le Secrétariat à la jeunesse, chacun des 21 forums jeunesse développe sa propre expertise de la participation citoyenne et met en place des actions répondant aux besoins spécifiques des jeunes de sa région. Les projets peuvent donc être adaptés aux réalités régionales et locales. Les forums jeunesse sont un terrain d'analyse intéressant de la participation politique des jeunes : par leur diversité, ils permettent de mettre en avant plusieurs formes et conceptions d'engagement citoyen des jeunes.

S'appuyant sur une analyse documentaire des actions mises en place et sur des entretiens avec des représentants de forums jeunesse de diverses régions, la recherche vise à montrer comment le dispositif des forums jeunesse régionaux favorise l'émergence d'une diversité de modèles et de pratiques. En montrant comment les projets déployés s'adaptent aux enjeux locaux tout en s'inscrivant dans un cadre de référence commun, la communication permettra de réaffirmer l'importance du contexte territorial dans le développement de la participation citoyenne des jeunes.

Résumé du colloque

Les représentations sociales autour de la participation politique des jeunes reposent depuis quelques décennies déjà sur l’idée qu’elle serait en crise. Cette vision d’une dépolitisation de la population juvénile mérite toutefois d’être nuancée. Premièrement, le cadre référentiel ultime des travaux sur l’engagement politique semble être le militantisme de gauche voué à une cause collective, si bien que les « nouveaux engagés » et les formes juvéniles d’action politique moins conventionnelles restent dans l’ombre. Deuxièmement, c’est peut-être la définition même du processus de politisation, qui suppose l’opposition directe au pouvoir, qui induit en erreur. Or, même dans les cas où des actions s’opèrent de manière atomisée et diffuse, leur agrégation peut aboutir à des formes de résistance ou de protestation collective. Troisièmement, il est approprié de se demander si la soi-disant crise de la participation politique des jeunes ne résulte pas d’un regard « euro-centré » qui prévient l’appréhension de pratiques juvéniles des sociétés postcoloniales, soit parce que jugées subversives et menaçantes pour l’establishment (mouvements punk et rap, jeunes des favelas), soit parce que supposées impossibles, par exemple sous les régimes autoritaires. Au cours de ce colloque, nous chercherons donc à comprendre les lieux d’engagement politique des jeunes d’aujourd’hui, leurs actions de résistance, leurs pratiques plus organisées de contestation et de revendication, en s’attachant à les restituer dans leurs contextes institutionnels (association locale, parti politique, etc.), nationaux et politiques (autoritarisme, pluralisme). Des réflexions auront également lieu autour des modes d’appréhension théorique et méthodologique des processus de politisation des jeunes, leurs limites ainsi que les possibilités de décloisonnement des approches et des disciplines.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
Discutant-e- de la session : Nicole Gallant
section icon Date : 10 mai 2012

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