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Vincent Greason : Ligue des droits et des libertés
Depuis peu, la Ligue des droits et libertés du Québec intervient sur des questions environnementales. La préoccupation environnementale de la Ligue découle d'une conception des droits humains interdépendante de l'environnement. Dans son mémoire « Le droit de dire NON », présenté aux audiences du BAPE sur les gaz de schiste, la Ligue s'est appuyée sur les deux Pactes internationaux pour rappeler le droit des peuples de disposer de leurs richesses naturelles et non pas aux compagnies privées ou aux États. Invoquant une violation potentielle du droit à la santé, la Ligue a revendiqué le recours au principe de précaution dans toute décision concernant l'exploitation de la ressource. Soulignant l'adoption d'un « nouveau droit humain » à la Charte québécoise, soit celui de vivre dans un environnement sain, la Ligue a informé les commissaires de l'impact potentiel sur le droit à l'eau des générations présentes et futures si on donnait le feu vert au développement de cette filière. Plusieurs des recommandations de la Ligue ont trouvé écho dans le rapport final du BAPE. Aussi, la Ligue poursuit un travail de développement de l'approche droits humains et environnement en partenariat avec le Réseau québécois des groupes écologistes. L'utilisation d'un argumentaire basé sur l'interdépendance des droits humains sera de plus en plus employé par les citoyens qui posent des questions fondamentales sur les gros (et petits) projets de développement auxquels ils sont confrontés.
Ce colloque a pour but de mieux comprendre les liens entre les droits humains et le concept de justice environnementale, et de jeter les jalons d’une réflexion et d’un dialogue interdisciplinaires qui n’en sont encore qu’à leurs balbutiements au Canada.
Le concept de justice environnementale a pris naissance aux États-Unis au début des années 1980. Initialement mise de l’avant par des mouvements sociopolitiques préoccupés par la répartition géographique des centres d’entreposage des déchets, disproportionnément situés dans des quartiers composés de personnes vivant dans la pauvreté ou appartenant à des groupes minoritaires, la notion a depuis évolué et s’intéresse désormais plus largement à la répartition (in)équitable de toute forme de pollution ou de ses effets sur les populations, par exemple, la pollution de l’air et de l’eau, l’exploitation des ressources naturelles, la diminution de la biodiversité, les changements climatiques ainsi que l’effectivité et l’efficacité des normes environnementales adoptées par l’État. Dans une société où le droit est omniprésent et est souvent perçu, peut-être à tort, comme porteur de solutions, le concept de justice environnementale a récemment été traduit dans le langage juridique. Des activistes, juristes et autres défenseurs des droits fondamentaux font appel à cette notion dans leur lutte contre les violations des droits – dignité, égalité, intégrité et sécurité de la personne, notamment – causées par la pollution. S’il est célébré par certains, ce mariage conceptuel est source de préoccupations pour d’autres. Dans une perspective de justice environnementale, les droits fondamentaux, par leur nature individuelle et libérale, ne constitueraient pas nécessairement des outils efficaces pour lutter contre les injustices structurelles causées par l’économie de marché et les modes de production et de consommation dominants.
C’est à cette réflexion importante que vous convie ce colloque interdisciplinaire.
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