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Sarah-Jane Krieger
La notion d'acceptabilité sociale est couramment employée au sujet des enjeux de préservation des sites naturels. Elle motive des missions d'éducation et conditionnerait le respect des règles édictées et un certain consensus sur les politiques à mettre en œuvre. Pourtant cette notion tend à occulter le travail d'adaptation qu'opèrent les usagers à partir de leurs propres connaissances et expériences. Ainsi, en aval de la production des connaissances, normes et valeurs naturalistes qui président à l'identification des enjeux environnementaux, comment les usagers s'approprient, à travers leurs pratiques récréatives, les enjeux environnementaux ? Trois hypothèses ont été formulées pour répondre à ce questionnement général : une appropriation différenciée selon la sensibilité environnementale des usagers, selon les types d'usages observés et les normes collectives dont ils font l'objet, et selon les politiques de préservation mises en œuvre dans des contextes nationaux différents ; il s'agit dès lors de revenir sur le rapport entre pratiques récréatives, savoirs naturalistes et sensibilité environnementale. Les loisirs en espaces de nature peuvent être appréhendés comme vecteur d'une sensibilité écologique. En même temps, par leurs normes et valeurs, ces usages récréatifs peuvent s'éloigner des enjeux environnementaux définis par les écologistes. C'est dans cette relation de proximité-éloignement à la nature des usages récréatifs que s'inscrit ce questionnement.
À une époque où les modes de communication technologiques bouleversent les activités tout autant que les façons de transmettre les passions en loisir, où les cloisons étanches entre le temps de travail et de loisir, entre l’espace privé et public s’amenuisent, ce colloque vise à susciter des réflexions sur les modalités de transmission et de circulation des savoirs par et à travers le loisir.
La circulation des savoirs équivaut à parler de la circulation des ressources et des capacités, mais aussi des codes et des règles. En effet, la transmission des savoirs par des activités de loisir met en perspective des liens entre donateurs et donataires à la base de formes de domination et/ou d’émancipation. Les changements dans la transmission des savoirs influenceront donc inévitablement les modes de reproduction ou d'innovation dans le loisir, engendrant tant des ruptures dans les pratiques que créant de nouvelles occasions d’échanges, de socialisation et de mise en commun des connaissances. La circulation des savoirs permet aussi à des intervenants du milieu social ou de la santé, de soutenir des pratiques de loisir possédant une valeur intégrative et renforçant des processus d’insertion et d’empowerment.
La question peut être abordée sous plusieurs angles : rôle de la technologie dans la transmission des savoirs et des passions en loisir, circulation des savoirs et des formes d’émancipation et de reconnaissance, circulation des savoirs entre pratiquants et administrateurs, mise en place d’activités intergénérationnelles, transmission et communautés (famille, groupes de pairs, associations), évolution des modes de socialisation, déplacement des frontières entre les classes, les nations et les individus, loisir et marqueurs identitaires, etc. Le colloque devrait donner lieu à des propositions de transmission des savoirs « pratiques » (ex. les connaissances des personnes engagées dans des activités) autant que des savoirs « savants » (ex. théoriques).
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