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Wassim El Golli : EHESS - École des hautes études en sciences sociales
À partir d'une recherche participative dans une Maison Éducative à Caractère Social (MECS) et dans le cadre d'une thèse de sociologie à l'EHESS, il s'agira de comprendre comment se met en place l'injonction à la citoyenneté au sein d'une institution à vocation sociale. Cet établissement est un foyer spécialisé dans la prise en charge des jeunes femmes de 15 à 21 ans placées par voie juridique ou administrative et situé dans la région parisienne. Il sera question de comprendre cette notion d'injonction à la citoyenneté lorsqu'il s'agit d'accompagner des jeunes femmes ethnicisées dans le contexte actuel de l'intervention sociale et d'en saisir les implications morales et éthiques sur les pratiques éducatives. Cette intervention sera construite autour de deux parties : la première cherchera à décrire les pratiques quotidiennes du « vivre ensemble » à travers l'injonction à la citoyenneté en institution semi-fermée avec des jeunes femmes aux parcours migratoires différents. La deuxième partie cherchera à comprendre les implications morales et éthiques de cette injonction. Ainsi, il sera question tout d'abord de différencier les implications morales des implications éthiques, et d'en décrire les différents agencements. Ensuite, nous verrons comment nous pouvons les catégoriser et les inscrire dans le contexte actuel du travail éducatif.
Si la coexistence a toujours représenté un enjeu de taille de la condition humaine, cet enjeu se pose avec encore plus d’acuité dans nos sociétés contemporaines puisqu’elles ont désormais à composer avec diverses figures affirmées de l’Autre — nationalité, ethnie, religion, orientation sexuelle, classe sociale, genre, etc.
En Europe comme au Québec, les débats, réflexions et propositions portant sur ce thème tendent à se concentrer en particulier sur la diversité culturelle et religieuse issue de l’immigration au sein des États-nations. Dans d’autres régions du monde où l’accès même à la démocratie reste un combat qui est loin d’être gagné, des espoirs d’un mieux-vivre ensemble sont éveillés, mais de nombreuses questions et inquiétudes demeurent quant aux conceptions du vivre ensemble qui vont se dessiner. En Afrique, l’installation de gouvernements d’union nationale, la recherche d’équilibre régional et les commissions dialogue et réconciliation pour recréer le lien social disloqué par les conflits armés et autres génocides, sont autant de mesures mises en œuvre pour un meilleur vivre ensemble. Les situations post-conflictuelles appellent à un pari sur l’éducation à cet égard.
Organisé par le Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation (GREE) et l’Association francophone d’éducation comparée (AFEC), ce colloque a pour but de dégager des éléments porteurs pour penser les fondements et visées, analyser les contextes, les orientations et les pratiques et développer des outils pour éduquer au « vivre ensemble ».
Au programme, une soixantaine de présentations par des chercheurs en provenance de 14 pays. Un lancement conjoint : L’Éthique et culture religieuse en question,PUQ ; revue Éducation comparée. Le colloque est financé par l'Agence universitaire de la Francophonie, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, l’Université du Québec, l'UQAM et l'UQTR.