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Charles-Étienne Tremblay
Au cours de l'histoire de la fabrication du TCALS II, le test de classement en anglais langue seconde en vigueur depuis plusieurs années dans différents cégeps francophones du Québec, il a toujours été question du problème d'estimation des scores de césure à des fins d'uniformisation (Fournier, 1992; Laurier et coll., 1998). Beaucoup d'enseignants au cégep ne comprennent pas les enjeux de cette uniformisation : si les variances entre habiletés se chevauchent trop, la discrimination entre niveaux ne sera pas claire et il y aura plus de détection de patrons de réponses inappropriés à effectuer pour rendre le test valide.
Dans le cadre du présent colloque, je me concentrerai sur cet équilibre nécessaire entre variance et discrimination quant à l'administration du TCALS II.
L'étude des patrons de réponses inappropriés peut aider à mieux comprendre pourquoi il s'avère délicat d'uniformiser les scores de césure, ce dont on se sert pour déterminer les niveaux d'habileté et les cours/groupes. Comme l'ont montré Raîche (PAREA, 2002-2003) et Brassard (2011), l'étude des patrons de réponses des élèves des niveaux « avancés » et « très avancés » (103-104) révèle l'utilisation de stratégies de réponse au hasard et d'inversion des réponses directement responsables des sous-classements. Poursuivre une telle étude contribue au processus de mise en évidence de l'imputabilité de comportements fraudeurs inhérent à l'intervention enseignante (Buss & Novick, 1980; Cizek, 1999).
Notre colloque invite les participants à porter sur les pratiques d’évaluation et de mesure un regard critique permettant de cerner leurs enjeux socio-éthiques et socio-politiques à partir de divers horizons disciplinaires. Trois aspects complémentaires de l’évaluation sont proposés 1) L’évaluation comme mode d’action : l’évaluation prend généralement appui sur un ensemble de procédures obéissant à des critères qui visent à garantir leur fiabilité et leur validité. On peut interroger les fondements de ces procédures, leurs limites, et les types de décisions et d’actions auxquels elles conduisent. 2) L’évaluation comme mode de pensée : l’évaluation est nécessairement sous-tendue par des principes, des règles qui orientent l’action et servent à justifier des choix. Elle est une forme de rationalisation permettant de légitimer des décisions. On peut interroger la légitimité des usages que l’on fait des résultats de l’évaluation à diverses fins. 3) L’évaluation comme mode de description : l’évaluation fait intervenir des systèmes de valeurs conduisant à des façons de catégoriser et de hiérarchiser le réel. Elle établit des normes, des standards qui, bien que relevant de construits socio-historiques apparaissent comme des descriptions de la réalité. On peut interroger ces modes de descriptions, notamment à travers les conséquences non intentionnelles des pratiques évaluatives.
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