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Christian Maroy : Université de Montréal
Les politiques d'enseignement à travers le monde se basent de plus de plus sur de nouveaux instruments d'action publique: évaluations externes standardisées, tableaux de bord, indicateurs, critères de référence (benchmarks) orientant les politiques. Les outils d'évaluation externes des acquisitions des élèves, parfois assez anciens, qui servaient surtout à des fins pédagogiques, deviennent progressivement des instruments de régulation et d'orientation des politiques, outils qui sont basés sur les connaissances. Autrement dit, la régulation des systèmes d'enseignement naguère fondées surtout sur les règles et les contrôles professionnels se complexifie et se transforme. Notre propos dans cette communication sera d'interroger la signification de ces transformations et d'élaborer plus particulièrement une réflexion sur le rôle des indicateurs de pilotage et de gouvernance dans le domaine de l'enseignement. Nous montrerons que l'usage de ces indicateurs s'inscrit dans un nouveau paradigme politique mobilisé pour penser les politiques scolaires : l'école n'est plus pensée principalement comme une institution mais de plus en plus comme un « système de production » scolaire. Ensuite, nous formulerons quelques hypothèses sur les fonctions instrumentales et symboliques de ces indicateurs et plus largement sur le recours à l'évaluation des performances scolaires des systèmes.
Notre colloque invite les participants à porter sur les pratiques d’évaluation et de mesure un regard critique permettant de cerner leurs enjeux socio-éthiques et socio-politiques à partir de divers horizons disciplinaires. Trois aspects complémentaires de l’évaluation sont proposés 1) L’évaluation comme mode d’action : l’évaluation prend généralement appui sur un ensemble de procédures obéissant à des critères qui visent à garantir leur fiabilité et leur validité. On peut interroger les fondements de ces procédures, leurs limites, et les types de décisions et d’actions auxquels elles conduisent. 2) L’évaluation comme mode de pensée : l’évaluation est nécessairement sous-tendue par des principes, des règles qui orientent l’action et servent à justifier des choix. Elle est une forme de rationalisation permettant de légitimer des décisions. On peut interroger la légitimité des usages que l’on fait des résultats de l’évaluation à diverses fins. 3) L’évaluation comme mode de description : l’évaluation fait intervenir des systèmes de valeurs conduisant à des façons de catégoriser et de hiérarchiser le réel. Elle établit des normes, des standards qui, bien que relevant de construits socio-historiques apparaissent comme des descriptions de la réalité. On peut interroger ces modes de descriptions, notamment à travers les conséquences non intentionnelles des pratiques évaluatives.
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