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Lorsque le zombie prend la parole : une intériorité révélée

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Mélissa Boudreault : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Jusqu'à tout récemment, le zombie a toujours été l'autre, le monstre, l'altérité inaccessible. Cependant, David Wellington participe à une nouvelle conception du zombie contemporain en nous offrant un traitement particulier de celui-ci dans sa trilogie Zombie Story (Zombie Island, Zombie Nation et Zombie Planet).

En tant qu'incarnation de l'altérité, le zombie a toujours été isolé des autres protagonistes. On ne connaît ses faits et gestes que par ce qu'en disent les autres personnages. Avec Zombie Story, on assiste à une évolution qui modifie l'image traditionnelle de cette figure horrifique : le zombie prend la parole. En effet, Wellington crée des zombies qui ont réussi à garder leurs facultés mentales intactes et leur capacité à parler. Ils peuvent alors expliquer leur transformation et ce qu'ils ressentent.

En construisant des récits du point de vue du zombie, l'auteur donne accès aux pensées et émotions de celui-ci. Le lecteur comprend alors que les morts-vivants ne sont pas nécessairement des monstres.

Les conséquences de cette prise de parole sont multiples : le zombie qui était jusque-là univoque devient ambivalent et complexe. Sa perception en tant qu'être personnifiant le mal absolu est remise en question. De plus, son image va indéniablement se modifier profondément grâce à un mode de narration qui lui donne enfin la parole. D'une altérité inaccessible, le zombie passe à un être qui nous ressemble plus, qui nous fait partager ses sentiments, qui est devenu moi.

Résumé du colloque

Depuis le début des années 2000, le zombie contamine l’imaginaire occidental contemporain. À titre indicatif, notons que la Zombie Movie Database (penchant zombifique de l’IMDB) dénombre, entre 2002 et 2009, plus d’une centaine de films mettant en scène des zombies – une vingtaine de productions de ce genre sont d’ailleurs prévues pour 2012. De nombreux jeux vidéo confrontent les joueurs à des hordes de zombies affamés de chair humaine. Le zombie envahit aussi la littérature, la bande-dessinée, les séries télé et l’art visuel. Comment expliquer cet engouement du public pour le mort-vivant anthropophage ? Et comment s’expliquer des phénomènes sociaux parafictionnels comme les Zombie Walks, ces manifestations pacifiques (à teneur politique ou simplement ludique) où des participants, notamment en marge du mouvement Occupons Wall Street, se déguisent et marchent comme des zombies ? Dans ce colloque – qui se veut un lieu de rencontre pour des penseurs issus de différents champs de recherche, de la littérature au cinéma, en passant par les jeux vidéo et l’art visuel – nous voulons autopsier le zombie. Il s’agira d’emblée de l’envisager comme une figure de cet Autre qui nous assaille, qui menace de nous contaminer de sa différence, pour ensuite s’intéresser à ses manifestations marginales. Que se produit-il, en effet, lorsque le zombie, d’antagoniste, devient protagoniste ? Si l’homme, en situation de survie, peut devenir monstre, le zombie, lui, peut-il (re)devenir humain ? Figure polysémique et investie idéologiquement, le zombie permet aux créateurs de représenter les citoyens marginalisés et de tenir un discours renouvelé sur la justice et l’équité sociale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
news icon Thème du colloque :
Autopsie du zombie
section icon Date : 10 mai 2012

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Titre du colloque :

Autopsie du zombie

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Thème du colloque :

Autopsie du zombie