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Stéphanie Talbot : CREDP - Centre de recherche et d’enseignement sur les droits de la personne
Au 19e siècle, au Nouveau-Brunswick, Mary Huestis
Pengilly fut internée involontairement dans un asile pendant une période
d'environ 6 mois. Durant cette période, elle rédigea un journal en cachette dans
lequel elle raconta son histoire en tant que femme enfermée en institution ainsi que le quotidien des pratiques psychiatriques. Son intention était
de rendre ce journal public, dans le but de susciter un changement au sein de l'histoire
de la santé mentale. De toute évidence, son expérience est réduite au silence
par une institution qui réussit à masquer ses approches opprimantes. Ce journal
a été découvert dans les archives provinciales et son contenu sera présenté
pour nous faire comprendre les pratiques d'alors. Par la suite, nous décrirons
le parcours de deux autres femmes qui ont subi un sort identique, toujours au 19e
siècle et l'influence qu'elles ont eue sur les pratiques asilaires de l'époque.
Une réflexion sur ces témoignages qui nous envoie un message teinté à la fois de
souffrance et d'espoir.
L’historicité des modes d’appréhension et de gestion des problèmes sociaux aux 19e et 20e siècles, au cœur des intérêts de recherche du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS), a surtout été explorée, depuis plus d’une décennie, sous l’angle des institutions à caractère coercitif. Principalement ancrées sur le territoire montréalais, les recherches historiques développées au sein du CHRS ont par la suite porté sur de nouvelles questions dépassant largement le cadre des institutions d’enfermement de types pénal.
Dans cette perspective, la réponse collective aux défis majeurs posés par les inégalités sociales, génératrices de pauvreté, de maladie, de déviance, a permis à notre équipe d’investir sous de nouveaux angles le vaste champ de la prise en charge d’autrui.
Cette approche plus large des institutions permet alors de s’intéresser à une pluralité de modèles d’organisation sociale tant publics que privés. Elle pousse aussi à s’interroger sur la coexistence possible de plusieurs concepts associés à la question de la prise en charge. Comment en effet concilier le recours à la punition, à la sanction voire au rejet tout en prônant la charité, le service, la solidarité, l’amitié, la responsabilité, la bienveillance ?
Les expériences et les parcours des individus et des groupes définis comme « à risque » et aux prises avec différents modèles de prise en charge au cours des 19e et 20e siècles permettent de poser un regard nouveau sur le « poids » des institutions et sur les réactions possibles des plus vulnérables face au modèle qui leur était imposé.
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