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Ana Beduschi : Institut de Droit Européen des Droits de l'Homme
Selon les estimations les plus alarmistes, en 2050 le monde comptera avec près de 150 millions de personnes déplacées pour des raisons liées au changement climatique. Les migrations climatiques ne sont pas, en soi, un phénomène nouveau. Néanmoins, le changement climatique n'est pas pleinement reconnu en tant que véritable facteur de migration. La question est alors de savoir quels types de mouvement ou de déplacement de personnes peuvent être considérés comme « climatiques » ? Migrations internes ou internationales ? Migrations volontaires ou forcées ? Migrations ayant une origine humaine ou naturelle ? Cette qualification préalable est importante car elle conditionne la définition du statut juridique des migrants climatiques, à ce jour inexistant. L'absence de définition de ce qu'est un migrant climatique ou environnemental conduit à une absence flagrante de protection juridique. La situation de précarité devient alors la règle. Un vide juridique en matière de migrations climatiques peut être ainsi amplement constaté. L'objectif de la présente étude est donc d'analyser, dans un premier temps, les possibilités de qualification juridique des migrations climatiques, pour examiner ensuite la possibilité de la construction d'une protection juridique adéquate des migrants climatiques.
Les facteurs de mobilité des personnes à l’échelle mondiale se sont grandement complexifiés au cours des deux dernières décennies. Les sociétés se retrouvent avec une gamme de types de migrants, dont les motivations, les trajectoires, les statuts et les modes d’insertion ne se laissent plus saisir aisément, avec d’énormes conséquences sur les politiques publiques de régulation de l’immigration et de la diversité. Les paradigmes théoriques avec lesquels on aborde la migration internationale comportent des aspects contradictoires, selon l’échelle à laquelle on se place. Un paradigme axé sur les droits ne tiendra pas compte adéquatement des enjeux politiques et des rapports de force qui interviennent en amont ou en aval du phénomène migratoire. Un autre paradigme axé uniquement sur ces rapports de force aura tendance à ne pas tenir compte des enjeux juridiques et normatifs soulevés. Un paradigme axé seulement sur l’État nation omettra de prendre en considération les réseaux transnationaux. Or, le choix des paradigmes a une incidence majeure sur les orientations normatives qui sont incarnées dans les politiques publiques. C’est l’ensemble de ces questions que ce colloque entend examiner.
Plus précisément, le colloque s’articule autour de trois axes : 1) Prendre acte des données empiriques nouvelles et des tendances lourdes concernant les migrations internationales, autant sur le plan qualitatif que sur le plan quantitatif. 2) Identifier les principaux enjeux qui en résultent en matière de politiques d’immigration et d’insertion/incorporation (sur les plans de l’emploi, de l’éducation, de la participation sociale ou de l’aménagement de la diversité ethnoculturelle et religieuse dans l’espace public). 3) Enfin, faire une réflexion comparative sur les paradigmes utilisés pour appréhender ces changements dans les pays occidentaux, identifier leurs apories et leurs angles morts.
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