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Le Musée de la civilisation a entrepris à la fin de l'année 2010 une série de rencontres en milieu autochtone pour définir les contenus et le concept de sa nouvelle exposition permanente réalisée dans le cadre d'une démarche collaborative complexe avec les Premières Nations et les Inuit du Québec. À travers quelques exemples tirés de ces rencontres, l'objectif de cette communication sera de revenir sur les défis de l'approche privilégiée mais aussi sur la manière dont peuvent se construire les discours, les représentations et les connaissances sur et par les peuples autochtones en contexte muséal. Quels sont les défis qui se posent à l'institution pour faire entendre la voix de ses partenaires autochtones tout en valorisant la sienne ? Quels actions, principes et valeurs sont-ils mis en place afin de concilier les points de vue et d'établir les bases d'un véritable dialogue dans la construction des connaissances ?
Depuis le milieu des années 1990, la demande des organisations et communautés autochtones pour une participation accrue aux recherches qui les concernent se fait entendre haut et fort, à l’instar de leurs préoccupations pour la prise en compte, par les chercheurs et l’académie, de leurs propres besoins en matière de recherche et de leurs propres traditions intellectuelles. Depuis une dizaine d’années, des protocoles de recherche ont été élaborés par diverses instances autochtones en vue de baliser les travaux des chercheurs de toutes les disciplines. L’énoncé de politique des trois conseils subventionnaires du Canada, au sujet de l’éthique de la recherche avec les humains, compte un chapitre complet sur l’éthique de la recherche avec les Autochtones. Une nouvelle littérature scientifique canadienne et internationale fait écho à ces nouvelles modalités en témoignant de nouvelles approches et de nouveaux paradigmes. Les chercheurs québécois ont-ils modifié en conséquence leurs modes d’interaction avec les Autochtones ? Quels sont les impacts de ces nouvelles pratiques sur les traditions disciplinaires ? Ces nouvelles modalités favorisent-elles une compréhension plus adéquate des réalités autochtones ? Les travaux des chercheurs contribuent-ils davantage à la définition des politiques publiques culturellement pertinentes ? Voilà autant de questions qui se posent actuellement au sein du domaine de la recherche relative aux peuples autochtones et pour lesquelles les réponses sont encore fragmentaires. En mobilisant à la fois les chercheurs, les étudiants et les Autochtones à l’occasion de notre activité, nous souhaitons mieux comprendre les attentes des Autochtones à l’égard de la recherche en sciences sociales d’une part, et les moyens mis en œuvre par des chercheurs de différentes disciplines afin de répondre à ces attentes. Une question demeure cependant : ces changements sont-ils bien accueillis au sein de la communauté scientifique ?