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François Duchesneau : Université de Montréal
Observateur des zoophytes et des infusoires, collaborateur majeur de Buffon à l'époque où celui-ci développait sa théorie de la génération, promoteur de l'épigenèse contre le préformationnisme, John Turberville Needham (1713-1781) mena une carrière officielle de philosophe des Lumières. Pour nous aujourd'hui, les recherches empiriques exemplaires qu'il a réalisées paraissent indissociables d'un cadre théorique qui en justifie a posteriori les inférences et en généralise la portée. Or Needham lui-même nous conviait, surtout dans ses premiers travaux, à une dissociation stricte du volet empirique par rapport à toute hypothèse. Suivant la méthodologie qu'il professait, celle de l'histoire naturelle alors dominante, son programme de recherche sur les vivants élémentaires devait se développer de façon strictement inductive. À l'évidence, son œuvre est de structure plus complexe que ne
peuvent le laisser entendre ces déclarations d'allégeance méthodologique. Dans les Nouvelles observations microscopiques (1750), il prolonge l'exposé de ses observations par des développements épistémologiques et métaphysiques que les contemporains et la postérité ont souvent considérés comme de ténébreuses spéculations. On s'est ainsi souvent
employé à départager les contributions positives aux sciences naturelles qu'on lui devrait en raison de ses observations, des explications philosophiques et « fictives » dont il les aurait coiffées...
Le congrès de la SPQ vise à rassembler les chercheurs en philosophie autour d’un thème rassembleur qui sera pour 2012 : « La philosophie interlocutrice des sciences et des arts ». Le congrès vise à interroger et analyser les différents rapports qu’entretient la philosophie avec les arts d’un côté et les sciences de l’autre côté. Ces rapports sont multiples et ouvrent plusieurs avenues théoriques. Analyse du discours philosophique comme esthétique ou scientifique, importance ou nécessité du discours philosophique pour définir ce qu’est la science ou l’art, et importance ou nécessité de l’art et de la science pour produire un discours philosophique. Ces questions ont occupé les philosophes depuis ses origines, et les réponses offertes ont évolué de façons extrêmement intéressantes et pertinentes pour la compréhension de la philosophie, de ses objets d’analyse et de sa méthodologie à travers l’histoire et encore aujourd’hui.
Les chercheurs invités seront donc appelés à aborder le thème proposé de différentes façons. Le caractère équivoque du thème est nécessaire afin de mettre de l’avant un évènement rassembleur pour des chercheurs ayant des domaines de spécialisation divers en philosophie de l’histoire, en éthique, en philosophie des sciences et en philosophie de l’esprit, en philosophie esthétique et en philosophie de la littérature, etc. Quelques exemples de thèmes pouvant être abordés par les congressistes : L’influence et la place centrale qu’occupent les sciences cognitives et les sciences sociales dans les discours en philosophie de l’esprit, en éthique et en philosophie sociale et politique. La pertinence de soumettre la science ou l’art à des normes et à des critères éthiques. L’analyse philosophique comme discours scientifique ou comme discours esthétique.