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Christian Alain DJOKO KAMGAIN : Université Laval
La société planétaire remodelée par la mondialisation fait émerger un contexte polymorphe qui provoque une compression sans précédent de l'espace et du temps et un accroissement phénoménal des contacts entre les humains. Sur cette planète de plus en plus mondialisée, on peut vraisemblablement s'attendre à voir la problématique de la gestion de l'altérité et plus spécifiquement du vivre-ensemble se poser avec acuité. S'il est vrai que cette problématique est aussi vieille que la présence de deux individus sur terre, force est cependant de constater que notre époque semble indiquer la proximité même, en fait quotidienne, de la coexistence des hommes et femmes de divers horizons. Ainsi, le processus de mondialisation en cours nourrit et rend compte de l'inévitable coprésence des moments et de la nécessaire partageabilité de l'espace entre ipséités collectives différentes. Dans ce contexte, la question qui nous intéresse prioritairement concerne les conditions de pensabilité et de plausibilité d'une communauté sociale authentique dans laquelle les individus se reconnaissent mutuellement et souhaitent vivre-ensemble en dépit de leurs différences. Nous entendons défendre l'idée selon laquelle il appartient à l'éducation de prendre en charge le cadre de définition de l'altérité et d'apprentissage à la citoyenneté. Car de la qualité de cette prise en charge dépend la possibilité ou non d'un vivre-ensemble authentique et viable.
Si la coexistence a toujours représenté un enjeu de taille de la condition humaine, cet enjeu se pose avec encore plus d’acuité dans nos sociétés contemporaines puisqu’elles ont désormais à composer avec diverses figures affirmées de l’Autre — nationalité, ethnie, religion, orientation sexuelle, classe sociale, genre, etc.
En Europe comme au Québec, les débats, réflexions et propositions portant sur ce thème tendent à se concentrer en particulier sur la diversité culturelle et religieuse issue de l’immigration au sein des États-nations. Dans d’autres régions du monde où l’accès même à la démocratie reste un combat qui est loin d’être gagné, des espoirs d’un mieux-vivre ensemble sont éveillés, mais de nombreuses questions et inquiétudes demeurent quant aux conceptions du vivre ensemble qui vont se dessiner. En Afrique, l’installation de gouvernements d’union nationale, la recherche d’équilibre régional et les commissions dialogue et réconciliation pour recréer le lien social disloqué par les conflits armés et autres génocides, sont autant de mesures mises en œuvre pour un meilleur vivre ensemble. Les situations post-conflictuelles appellent à un pari sur l’éducation à cet égard.
Organisé par le Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation (GREE) et l’Association francophone d’éducation comparée (AFEC), ce colloque a pour but de dégager des éléments porteurs pour penser les fondements et visées, analyser les contextes, les orientations et les pratiques et développer des outils pour éduquer au « vivre ensemble ».
Au programme, une soixantaine de présentations par des chercheurs en provenance de 14 pays. Un lancement conjoint : L’Éthique et culture religieuse en question,PUQ ; revue Éducation comparée. Le colloque est financé par l'Agence universitaire de la Francophonie, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, l’Université du Québec, l'UQAM et l'UQTR.
Titre du colloque :