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Chantal Asselin : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Les immigrants récents allophones développent des « processus d'insertion » en milieu de travail québécois (Abou, 1988).
Trois principaux facteurs conduisent nos organisations à recruter ces personnes :
1. La diversité culturelle de la population québécoise et les enjeux qui en découlent (Bouchard et Taylor, 2008);
2. La consolidation des emplois qualifiés en contexte multimodal de compétitivité;
3. La mobilisation des savoirs théoriques et pratiques dans une visée de concurrence internationale.
Ces nouveaux personnels suivront éventuellement des formations. Or, les politiques organisationnelles et les dispositifs formels et informels qui en résultent, peuvent véhiculer des valeurs et des pratiques différentes, voire opposées à celles auxquelles ces immigrants récents allophones se référaient.
Ce phénomène induit l'émergence de malentendus interculturels en milieu de travail (Man, 2004). Ces malentendus créent des « dissonances cognitives » (Festinger, 1957). Les nouveaux immigrants allophones tendent à prioriser ou à freiner les occasions d'apprentissage dès que le « choc culturel » et les « incidents critiques » surgissent (Cohen-Emerique, 1984) : la concertation entre ces personnels peut encourager, réprimer ou discréditer leur insertion dans l'entreprise d'accueil.
Nos organisations bénéficieraient de politiques et de dispositifs de formation ajustés à ces processus et aux compétences interculturelles des acteurs concernés.
La concertation renvoie à la transmission d’informations et à l’échange réciproque comme la consultation, la collaboration et le partenariat, ce qui permettrait d’étayer une problématique, de proposer des solutions et de mettre de l’avant un plan d’action. La concertation telle qu’elle est pratiquée en milieu de travail au Québec ou à l’extérieur de nos frontières, en lien avec la formation de la main-d’œuvre, demeure un sujet peu étudié. Le fait que peu de travaux aient traité de la question jusqu’à maintenant ne signifie pas pour autant un manque d’intérêt pour la problématique, mais réside, à notre avis, dans la difficulté d’accéder à des terrains de recherche ouverts à la discussion de leur vécu. La concertation en milieu de travail en lien avec le développement et la reconnaissance des compétences pourrait se construire à partir de concepts associés, soit : la confiance entre les acteurs, le niveau de qualification de la main-d’œuvre et la présence d’une culture dynamique d’amélioration et de formation continue, soutenue par des dispositifs éprouvés. Enfin, il semble qu’il ne puisse y avoir de concertation productive sans un cadre institutionnel établi. Ce colloque invite les chercheurs de différentes disciplines et les partenaires du travail à croiser leurs regards à travers des travaux présentant des avancées théoriques et pratiques, et des développements récents en matière de pratiques collaboratives quant au développement et à la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre au travail. Il s'agit de mettre en jeu une réflexion propre aux acteurs en englobant différentes dimensions de la concertation en lien avec le développement et la formation de la main-d’œuvre. Dans cette perspective, nous nous intéressons aux pistes de réflexions suivantes (sans que celles-ci ne soient exclusives) : concertation et développement des compétences, concertation formelle et informelle, concertation et culture de formation, cadre institutionnel et concertation productive.
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