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Pourquoi les enfants des rues sont-ils insupportables?

JC

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Jean-Emile Charlier : Université catholique de Louvain

Résumé de la communication

La proposition de communication s'appuie sur un travail de terrain effectué en 2011 au Rwanda avec une collègue rwandaise. Elle porte non sur les conditions de vie et la carrière des enfants des rues rwandais, mais sur les représentations que se font de leurs vies et de leurs motivations des adultes impliqués de près ou de loin dans les politiques visant à les encadrer (responsables d'ONG, directeurs d'école, enseignants, policiers, éducateurs). La communication veut montrer que la compassion manifestée à l'égard des enfants des rues par les ONG internationales et de nombreux observateurs occidentaux ne leur est pas spontanément accordée par les populations locales qui ont plutôt tendance à les considérer comme des nuisances qu'il faut faire disparaître. Qui plus est, les représentations les plus unanimement partagées par cette population ne font pas des conditions de vie des enfants des rues un problème, et sûrement pas un problème prioritaire. Plus encore, le discours de la modernisation à marche forcée postule implicitement que tous les individus n'arriveront pas à tenir le rythme et qu'il y aura donc des dégâts humains, regrettables, mais inévitables. Le discours de modernisation, adossé à des valeurs universelles, porte en d'autres termes la justification de l'exclusion des moins bien équipés pour la compétition.

Résumé du colloque

Si la coexistence a toujours représenté un enjeu de taille de la condition humaine, cet enjeu se pose avec encore plus d’acuité dans nos sociétés contemporaines puisqu’elles ont désormais à composer avec diverses figures affirmées de l’Autre — nationalité, ethnie, religion, orientation sexuelle, classe sociale, genre, etc.

En Europe comme au Québec, les débats, réflexions et propositions portant sur ce thème tendent à se concentrer en particulier sur la diversité culturelle et religieuse issue de l’immigration au sein des États-nations. Dans d’autres régions du monde où l’accès même à la démocratie reste un combat qui est loin d’être gagné, des espoirs d’un mieux-vivre ensemble sont éveillés, mais de nombreuses questions et inquiétudes demeurent quant aux conceptions du vivre ensemble qui vont se dessiner. En Afrique, l’installation de gouvernements d’union nationale, la recherche d’équilibre régional et les commissions dialogue et réconciliation pour recréer le lien social disloqué par les conflits armés et autres génocides, sont autant de mesures mises en œuvre pour un meilleur vivre ensemble. Les situations post-conflictuelles appellent à un pari sur l’éducation à cet égard.

Organisé par le Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation (GREE) et l’Association francophone d’éducation comparée (AFEC), ce colloque a pour but de dégager des éléments porteurs pour penser les fondements et visées, analyser les contextes, les orientations et les pratiques et développer des outils pour éduquer au « vivre ensemble ».

Au programme, une soixantaine de présentations par des chercheurs en provenance de 14 pays. Un lancement conjoint : L’Éthique et culture religieuse en question,PUQ ; revue Éducation comparée. Le colloque est financé par l'Agence universitaire de la Francophonie, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, l’Université du Québec, l'UQAM et l'UQTR.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
José Wolfs
section icon Date : 10 mai 2012

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