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Matthias Pepin : Université Laval
L'ethnographie visuelle est une approche de recherche de terrain assistée par l'utilisation de la vidéo. Outre la création de films ethnographiques (Heider, 2006), l'ethnographie visuelle englobe également l'étude des aspects visuels d'une culture donnée (Wright, 2008), ainsi que l'utilisation de la vidéo comme méthodologie de recherche (Pink, 2001; Shrum, Duque & Brown, 2005). Dans cette dernière acception, l'emploi de la vidéo vise à se rapprocher de l'idéal ethnographique, qui consiste à rendre compte de ce que vivent les acteurs, selon leur propre point de vue (Pepin, 2011). Dans cette optique, l'ethnographe n'est plus le seul habilité à diriger la caméra, les participants étant également invités à filmer. La volonté est alors d'impliquer les acteurs, de faire « entendre leur voix » (Schultz, 2011), en vue de proposer des descriptions visuelles plus respectueuses de leurs multiples manières de voir les choses (Goldman-Segall, 1998). Mais dès lors qu'elle prend place en milieu scolaire, une telle démarche d'anthropologie visuelle partagée (Pink, 2007) pose un certain nombre de questions, d'ordres pratiques et éthiques. Au-delà des promesses théoriques de l'approche dans la prise en compte du point de vue des élèves, les écueils de sa mise en pratique apparaissent avec insistance. C'est ce que cette communication cherchera à illustrer, à travers le récit de problèmes de terrain rencontrés au cours d'une mise à l'essai en contexte d'entrepreneuriat scolaire.
La recherche auprès des jeunes connaît une évolution dans divers domaines, notamment ceux en lien avec leur culture et leur apprentissage. Plusieurs critiques ont déploré l’approche adulto-centrée des recherches traditionnelles et prônent une vision plus positive et compétente de l’enfant. Au tournant du 21e siècle, par la signature de la Convention relative aux droits de l’enfant, s’impose de plus en plus l’idée que les jeunes ont leur mot à dire dans les décisions qui les concernent. En sciences sociales, on ne voit plus le jeune seulement en le définissant par son appartenance à une entité plus grande (famille, école, nation) et par son devenir (le chemin à parcourir pour devenir adulte); on le considère en tant qu’individu complet, dans ce qu’il est et pense actuellement, à partir de son point de vue propre. Or, quel mot ont à dire les jeunes au sujet des recherches qui les concernent? L’objectif de ce colloque est de tracer un portrait des recherches actuelles en éducation auprès des jeunes. Un premier angle sur lequel se questionner concerne les cadres théoriques qui permettent d’appréhender ces phénomènes à partir du point de vue du jeune, tout en tenant compte de sa position sociale et de ses interactions avec, notamment, les adultes, dont les enseignants dans le contexte scolaire. Un deuxième angle à questionner est celui des méthodes de recherche utilisées. Si l’on considère de plus en plus les jeunes comme des informateurs de premier plan sur les sujets qui les concernent, ne garde-t-on pas une approche adulto-centrée dans le contexte d’une collecte de données? Par exemple, en quoi les méthodes utilisées permettent aux jeunes de rendre compte de leur point de vue par des voies qui sont les leurs, dans un contexte qui leur est familier? Ainsi, le colloque a pour vue de tracer un portrait de la recherche actuelle auprès des jeunes en contexte scolaire, tout en questionnant les cadres théoriques et les outils méthodologiques mis de l’avant pour la faire.
Thème du colloque :