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Bertrand Gervais : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le cinéma nous a donné, ces dernières années, une quantité impressionnante de films à caractère apocalyptique. La fin du monde, comme toujours, fait vendre. Hollywood, on le sait, adore cette recette et multiplie à l'envi les blockbusters, de 2012 à The Book of Eli. Mais l'imaginaire de la fin intéresse aussi des réalisateurs dont les projets sont plus personnels. Ces apocalypses intimes exploitent les figures de l'imaginaire de la fin en ne cherchant pas une simple répétition de ses principaux motifs, mais en en proposant une version contrastée. On peut penser notamment à Biutiful d'Alejandro Gonzalez Innaritù (2010), The Tree of Life de Terence Malick (2011) et Melancholia de Lars von Trier (2011). C'est à explorer les liens entre le littéral et l'allégorique dans ces trois films que cette communication sera consacrée.
Ce colloque s’inspire de l’aura apocalyptique conférée à l’année 2012 pour proposer une série de réflexions sur la fin du monde et les scénarios de mort universelle qui l’accompagnent d’ordinaire. Si les visions d’apocalypse ont de tout temps fait partie des structures narratives par le biais desquelles l’humanité a pensé ou imaginé le devenir de la vie sur terre, il nous a semblé que nous assistions, en ce moment, surtout depuis le 11 septembre 2001, à une réactivation sans précédent des discours, mythes et métaphores liés, de près ou de loin, à l’idée de catastrophe totale. Issus d’un contexte biblique (Apocalypse, Armageddon, Jugement dernier) avec lequel ils ont souvent accusé d’importantes distances (notamment en matière de pessimisme), les imaginaires de la fin qui s’affirment aujourd’hui semblent s’être amalgamés à une diversité de pratiques créatrices et d’activités sociales de l’être humain. Du cinéma-catastrophe hollywoodien aux prédictions touchant le réchauffement climatique; des discours sur l’Allemagne nazie à ceux sur le sida ou la grippe H1N1; des tensions de Washington avec le Moyen-Orient aux tsunamis survenus au large des côtes de l’Indonésie ou du Japon, combien d’enjeux actuels ne prêtent pas à une transposition sous forme d’apocalypse? La thématique apocalyptique constitue même un point de rencontre, qui eût paru improbable il y a à peine 15 ou 20 ans, entre la recherche universitaire et la culture populaire, avec notamment l’étude transmédiatique de fictions post-apocalyptiques dans la bande dessinée, les téléséries ou les jeux vidéo, sans compter les scénarios d’apocalypse zombie auxquels s’intéressent de plus en plus d'universitaires. Ce colloque, ouvert à des chercheurs de toutes disciplines, se propose de faire le point sur la question. Du fait de sa transdisciplinarité, il permettra de dégager des perspectives inédites sur notre souci de l’avenir.
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