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Vision apocalyptique sud-asiatique?

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Mathieu Boisvert

Résumé de la communication

A prime abord, le scénario de « mort universelle » mis de l'avant par les différentes visions apocalyptiques ne peut être appliqué aux différentes traditions religieuses sud-asiatiques, celles-ci proposant une conception du temps plutôt cyclique que linéaire. Oui, fin il y aurait, mais que temporaire, avant de ne permettre un recommencement. Cette communication propose donc, tout simplement, de présenter les grandes lignes de l'imaginaire de la fin telles que présentées dans les traditions hindoue et bouddhiste theravāda. Nous aborderons donc la notions de pralaya, de destruction de l'univers, telle que mise de l'avant par l'hindouisme (et plusieurs branches bouddhistes) en prenant soin de situer celle-ci dans un contexte plus large, soit dans la perspective cyclique inhérente aux différentes philosophies sud-asiatiques. La notion de nirvāna – littéralement, « extinction » – devra également être présentée afin de souligner cette finalité propre au bouddhisme, finalité individuelle, mais inexorablement irréversible. En conclusion, nous évaluerons si nous pouvons déceler ou non une tendance apocalyptique – tout au moins tel que l'étymologie du terme nous laisse comprendre le mot « apocalypse » - dans l'une ou l'autre des traditions religieuses ayant émergé en Asie du sud.

Résumé du colloque

Ce colloque s’inspire de l’aura apocalyptique conférée à l’année 2012 pour proposer une série de réflexions sur la fin du monde et les scénarios de mort universelle qui l’accompagnent d’ordinaire. Si les visions d’apocalypse ont de tout temps fait partie des structures narratives par le biais desquelles l’humanité a pensé ou imaginé le devenir de la vie sur terre, il nous a semblé que nous assistions, en ce moment, surtout depuis le 11 septembre 2001, à une réactivation sans précédent des discours, mythes et métaphores liés, de près ou de loin, à l’idée de catastrophe totale. Issus d’un contexte biblique (Apocalypse, Armageddon, Jugement dernier) avec lequel ils ont souvent accusé d’importantes distances (notamment en matière de pessimisme), les imaginaires de la fin qui s’affirment aujourd’hui semblent s’être amalgamés à une diversité de pratiques créatrices et d’activités sociales de l’être humain. Du cinéma-catastrophe hollywoodien aux prédictions touchant le réchauffement climatique; des discours sur l’Allemagne nazie à ceux sur le sida ou la grippe H1N1; des tensions de Washington avec le Moyen-Orient aux tsunamis survenus au large des côtes de l’Indonésie ou du Japon, combien d’enjeux actuels ne prêtent pas à une transposition sous forme d’apocalypse? La thématique apocalyptique constitue même un point de rencontre, qui eût paru improbable il y a à peine 15 ou 20 ans, entre la recherche universitaire et la culture populaire, avec notamment l’étude transmédiatique de fictions post-apocalyptiques dans la bande dessinée, les téléséries ou les jeux vidéo, sans compter les scénarios d’apocalypse zombie auxquels s’intéressent de plus en plus d'universitaires. Ce colloque, ouvert à des chercheurs de toutes disciplines, se propose de faire le point sur la question. Du fait de sa transdisciplinarité, il permettra de dégager des perspectives inédites sur notre souci de l’avenir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Patrick Bergeron
section icon Date : 10 mai 2012

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