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Comment fabriquer un concept à partir des zombies?

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David Burty : Western University

Résumé de la communication

Le zombie philosophique de Chalmers (1996) permet de démontrer que les neurosciences ne parviennent pas à approcher le problème difficile de la conscience, ne la réduisant la plupart du temps qu'à un épiphénomène. Le zombie, pour un physicaliste ou un néodualiste, n'étant qu'un support à partir duquel la conscience pourrait ou non être appréhendée, nous avons étendu son spectre sémantique à des média autres que directement corporels, disons, qu'ils sont aussi indirectement corporels en ce qu'ils intègrent l'organisme qui les utilisent tout en s'en différenciant. Parmi les zombies nous pouvons compter entre autres : la vidéo, la photo, le dessin, l'ordinateur, le son, l'écrit, etc. Cette réflexion est à comprendre dans la relation particulière que les zombies entretiennent avec les OVNI (objets visuels non identifiés – Cadiot et Alféri, 1992). Les OVNI, comme a pu le constater Hanna (2010), sont des objets post-poétiques qu'il nous est aisé de montrer, d'exhiber, à l'instar d'un dispositif de Gleize (2011), mais dont la description est relativement rendue délicate par le degré d'incertitude générique qu'ils implémentent lorsque nous les activons. Le zombie est alors ce concept qui saisit cette hétérogénéité des supports et pose la question de leur compossibilité. À partir de ce concept nous souhaiterions observer quelles sont les conséquences de ces pratiques multiples au sein des communautés qui en font usage et, de cette manière, vérifier l'étendue de leur opérativité.

Résumé du colloque

Depuis le début des années 2000, le zombie contamine l’imaginaire occidental contemporain. À titre indicatif, notons que la Zombie Movie Database (penchant zombifique de l’IMDB) dénombre, entre 2002 et 2009, plus d’une centaine de films mettant en scène des zombies – une vingtaine de productions de ce genre sont d’ailleurs prévues pour 2012. De nombreux jeux vidéo confrontent les joueurs à des hordes de zombies affamés de chair humaine. Le zombie envahit aussi la littérature, la bande-dessinée, les séries télé et l’art visuel. Comment expliquer cet engouement du public pour le mort-vivant anthropophage ? Et comment s’expliquer des phénomènes sociaux parafictionnels comme les Zombie Walks, ces manifestations pacifiques (à teneur politique ou simplement ludique) où des participants, notamment en marge du mouvement Occupons Wall Street, se déguisent et marchent comme des zombies ? Dans ce colloque – qui se veut un lieu de rencontre pour des penseurs issus de différents champs de recherche, de la littérature au cinéma, en passant par les jeux vidéo et l’art visuel – nous voulons autopsier le zombie. Il s’agira d’emblée de l’envisager comme une figure de cet Autre qui nous assaille, qui menace de nous contaminer de sa différence, pour ensuite s’intéresser à ses manifestations marginales. Que se produit-il, en effet, lorsque le zombie, d’antagoniste, devient protagoniste ? Si l’homme, en situation de survie, peut devenir monstre, le zombie, lui, peut-il (re)devenir humain ? Figure polysémique et investie idéologiquement, le zombie permet aux créateurs de représenter les citoyens marginalisés et de tenir un discours renouvelé sur la justice et l’équité sociale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
news icon Thème du colloque :
Autopsie du zombie
section icon Date : 11 mai 2012

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Titre du colloque :

Autopsie du zombie

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Thème du colloque :

Autopsie du zombie