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De la contagion à la propagation : la tache aveugle des récits de zombies apocalyptiques

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Nicholas Dion : Université McGill

Résumé de la communication

De l'oeuvre pionnière Night of the Living Dead à la bande dessinée The Walking Dead en passant par les romans de Brian Keene ou de David Wellington, les différentes créations artistiques qui livrent un récit apocalyptique où les morts-vivants ont littéralement infesté la planète et entraîné la chute de la civilisation moderne partagent souvent une caractéristique singulière : elles font l'ellipse de la propagation globale et de ses modalités. De fait, la majeure partie d'entre elles s'ouvrent sur un monde déjà dévasté. Véritable tache aveugle, en ce qu'il permet aux auteurs de dépeindre un univers postapocalyptique à la condition de demeurer fuyant, l'effondrement de l'ordre social devant la menace zombie s'avère avant tout éloquent sur le plan esthétique. Ainsi, une série de procédés à la fois narratifs et stylistiques servent à pallier son omission, formant plusieurs des éléments constitutifs du sous-genre en question. Or, l'ellipse de la propagation proprement dite nous informe également sur l'interprétation que l'on peut proposer de ces oeuvres. Si le mort-vivant anthropophage se veut la métaphore de nos profondes angoisses sociétales comme l'entend souvent la critique, il importe de considérer de quelle manière ce corps réanimé arrive à triompher du corps social. Nous proposons donc d'étudier la prolifération paradoxalement occultée des zombies dans une dizaine de récits où ils pullulent afin d'y voir une part du sens que véhicule la figure du mort-vivant.

Résumé du colloque

Ce colloque s’inspire de l’aura apocalyptique conférée à l’année 2012 pour proposer une série de réflexions sur la fin du monde et les scénarios de mort universelle qui l’accompagnent d’ordinaire. Si les visions d’apocalypse ont de tout temps fait partie des structures narratives par le biais desquelles l’humanité a pensé ou imaginé le devenir de la vie sur terre, il nous a semblé que nous assistions, en ce moment, surtout depuis le 11 septembre 2001, à une réactivation sans précédent des discours, mythes et métaphores liés, de près ou de loin, à l’idée de catastrophe totale. Issus d’un contexte biblique (Apocalypse, Armageddon, Jugement dernier) avec lequel ils ont souvent accusé d’importantes distances (notamment en matière de pessimisme), les imaginaires de la fin qui s’affirment aujourd’hui semblent s’être amalgamés à une diversité de pratiques créatrices et d’activités sociales de l’être humain. Du cinéma-catastrophe hollywoodien aux prédictions touchant le réchauffement climatique; des discours sur l’Allemagne nazie à ceux sur le sida ou la grippe H1N1; des tensions de Washington avec le Moyen-Orient aux tsunamis survenus au large des côtes de l’Indonésie ou du Japon, combien d’enjeux actuels ne prêtent pas à une transposition sous forme d’apocalypse? La thématique apocalyptique constitue même un point de rencontre, qui eût paru improbable il y a à peine 15 ou 20 ans, entre la recherche universitaire et la culture populaire, avec notamment l’étude transmédiatique de fictions post-apocalyptiques dans la bande dessinée, les téléséries ou les jeux vidéo, sans compter les scénarios d’apocalypse zombie auxquels s’intéressent de plus en plus d'universitaires. Ce colloque, ouvert à des chercheurs de toutes disciplines, se propose de faire le point sur la question. Du fait de sa transdisciplinarité, il permettra de dégager des perspectives inédites sur notre souci de l’avenir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Patrick Bergeron
section icon Date : 11 mai 2012

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