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Debout les morts! Écrire l'apocalypse zombie, d'Andrevon à Whitehead

PB

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Patrick Bergeron : University of New Brunswick

Résumé de la communication

Depuis que le film-culte de Romero, Night of the Living Dead (1968), a fixé les contours du mythe, le zombie fait partie des icônes de l'horreur aux côtés du vampire, du loup-garou et de la momie. Des publications et des colloques savants lui sont aujourd'hui consacrés. Des zombie walks sont organisées dans diverses villes du monde. On parle d'apocalypse zombie pour décrire des scénarios de fin du monde provoquée par une invasion de morts-vivants. Or, si les revenants en général jouissent d'une solide tradition littéraire, les œuvres marquantes inspirées par les zombies relèvent avant tout du cinéma (Romero, Fulci, Boyle), de la bande dessinée (Kirkman), du jeu vidéo (Resident Evil) et de la télévision (Darabont). Le roman de zombies est-il en reste ? D'un point de vue quantitatif, non, car il s'écrit une quantité colossale de romans sur les zombies (Keene, Maberry, McKinney, Moody, Wellington…). Du lot, aucune œuvre ne s'est vraiment imposée comme chef-d'œuvre, malgré les initiatives originales de Brooks (guide de survie en territoire zombie), Grahame-Smith (réécriture zombie d'un classique de J. Austen) et Schlozman (journal d'autopsie). À quand le grand roman zombie, qui serait l'équivalent de ce que sont Dracula pour le mythe du vampire et The Road pour la fiction post-apocalyptique ? Ma communication se propose de réfléchir aux modalités du roman de zombies à partir d'œuvres de J.-P. Andrevon, A. Bell, M. Fortin et C. Whitehead.

Résumé du colloque

Ce colloque s’inspire de l’aura apocalyptique conférée à l’année 2012 pour proposer une série de réflexions sur la fin du monde et les scénarios de mort universelle qui l’accompagnent d’ordinaire. Si les visions d’apocalypse ont de tout temps fait partie des structures narratives par le biais desquelles l’humanité a pensé ou imaginé le devenir de la vie sur terre, il nous a semblé que nous assistions, en ce moment, surtout depuis le 11 septembre 2001, à une réactivation sans précédent des discours, mythes et métaphores liés, de près ou de loin, à l’idée de catastrophe totale. Issus d’un contexte biblique (Apocalypse, Armageddon, Jugement dernier) avec lequel ils ont souvent accusé d’importantes distances (notamment en matière de pessimisme), les imaginaires de la fin qui s’affirment aujourd’hui semblent s’être amalgamés à une diversité de pratiques créatrices et d’activités sociales de l’être humain. Du cinéma-catastrophe hollywoodien aux prédictions touchant le réchauffement climatique; des discours sur l’Allemagne nazie à ceux sur le sida ou la grippe H1N1; des tensions de Washington avec le Moyen-Orient aux tsunamis survenus au large des côtes de l’Indonésie ou du Japon, combien d’enjeux actuels ne prêtent pas à une transposition sous forme d’apocalypse? La thématique apocalyptique constitue même un point de rencontre, qui eût paru improbable il y a à peine 15 ou 20 ans, entre la recherche universitaire et la culture populaire, avec notamment l’étude transmédiatique de fictions post-apocalyptiques dans la bande dessinée, les téléséries ou les jeux vidéo, sans compter les scénarios d’apocalypse zombie auxquels s’intéressent de plus en plus d'universitaires. Ce colloque, ouvert à des chercheurs de toutes disciplines, se propose de faire le point sur la question. Du fait de sa transdisciplinarité, il permettra de dégager des perspectives inédites sur notre souci de l’avenir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Patrick Bergeron
section icon Date : 11 mai 2012

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