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Amelie Barras : Université de Montréal
Cette intervention a pour but d’analyser pourquoi les femmes voilées turques continuent d’être exclues de la fonction publique et des postes à hautes responsabilités. Alors que pendant longtemps ces exclusions s’inscrivaient dans un effort des élites laïques de contrôler l’ethos de la République, nous pourrions supposer que l’arrivée au pouvoir du parti Justice et Développement en 2002 signifie un changement de ces règles. Cependant, ceci n’est pas le cas. Pour comprendre ce paradoxe, nous mettons en avant le rôle de la femme dans la construction de l’identité turque. Dès la genèse de la République son corps fut utilisé comme un symbole de l’ethos de la nation délimitant la sphère privée (familiale, religieuse, traditionnelle) de la sphère publique (moderne, rationnelle, laïque). C’est pourquoi sa participation aux activités de la polis fut sujette à des règles spécifiques dont le dévoilement. En nous basant sur des entretiens et une analyse de la presse, nous explorons comment son corps continue à être central pour la reproduction de ces dichotomies. Bien que la femme voilée soit plus visible dans l’espace public, elle est invitée à l’investir comme mère, fille et épouse et non comme femme intellectuellement et financièrement indépendante. Ce constat nous invite à comprendre que la vision de la citoyenneté des élites laïques et religieuses, trop souvent analysée comme dichotomique en Turquie et ailleurs, peut être sujette aux mêmes influences patriarcales.
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