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Aurélie Chevanelle-Couture : Université McGill
L'étude de la figure du zombie participe d'une interrogation sur la transformation monstrueuse. Or, cette dénomination couvre un large spectre : la déshumanisation de l'homme zombifié peut être qualifiée de transformation monstrueuse au même titre que la chute du héros tragique perdu par son propre hubris.
C'est dans cette optique que nous esquisserons une herméneutique de la transformation monstrueuse chez Pierre Corneille, en nous basant sur Médée, première tragédie du poète, et en nous référant à la théorie formulée par Florence Dupont dans ses travaux sur les héros des tragédies de Sénèque – tragédies qui, on le sait, ont influencé le développement de la dramaturgie cornélienne. Selon Dupont, les figures tragiques sénéquiennes opèrent une « sortie de l'humanité » qui comprend trois étapes : le dolor, souffrance paroxystique, le furor, perte de contrôle de l'esprit génératrice d'une forme de folie, et le nefas, crime inexpiable.
À travers une analyse rhétorique de certaines scènes, nous examinerons la manière dont se présentent ces étapes dans la Médée cornélienne, et verrons comment elles s'infléchissent pour jeter les bases d'une poétique de l'héroïsme propre à Corneille. Nous parviendrons ainsi à exposer la façon dont le poète a objectivé dans une métamorphose monstrueuse la lutte d'un individu contre un sort accablant, créant un type de héros « noir » à la fois terrifiant et admirable.
Depuis le début des années 2000, le zombie contamine l’imaginaire occidental contemporain. À titre indicatif, notons que la Zombie Movie Database (penchant zombifique de l’IMDB) dénombre, entre 2002 et 2009, plus d’une centaine de films mettant en scène des zombies – une vingtaine de productions de ce genre sont d’ailleurs prévues pour 2012. De nombreux jeux vidéo confrontent les joueurs à des hordes de zombies affamés de chair humaine. Le zombie envahit aussi la littérature, la bande-dessinée, les séries télé et l’art visuel. Comment expliquer cet engouement du public pour le mort-vivant anthropophage ? Et comment s’expliquer des phénomènes sociaux parafictionnels comme les Zombie Walks, ces manifestations pacifiques (à teneur politique ou simplement ludique) où des participants, notamment en marge du mouvement Occupons Wall Street, se déguisent et marchent comme des zombies ? Dans ce colloque – qui se veut un lieu de rencontre pour des penseurs issus de différents champs de recherche, de la littérature au cinéma, en passant par les jeux vidéo et l’art visuel – nous voulons autopsier le zombie. Il s’agira d’emblée de l’envisager comme une figure de cet Autre qui nous assaille, qui menace de nous contaminer de sa différence, pour ensuite s’intéresser à ses manifestations marginales. Que se produit-il, en effet, lorsque le zombie, d’antagoniste, devient protagoniste ? Si l’homme, en situation de survie, peut devenir monstre, le zombie, lui, peut-il (re)devenir humain ? Figure polysémique et investie idéologiquement, le zombie permet aux créateurs de représenter les citoyens marginalisés et de tenir un discours renouvelé sur la justice et l’équité sociale.
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