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Internet et les réseaux sociaux : nouveau terrain politique pour la jeunesse de la Turquie

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Belgin Bilge

Résumé de la communication

La Turquie porte en elle toute la diversité et les contradictions géographiques, culturelles et politiques. Jusqu'à la fin du 20e siècle, la Turquie a subi l'impact des « révolutions globales » : réformes de la communication, révolution cybernétique, amélioration des droits de l'homme, modification de la consommation, mutations politiques et changements sociaux.

Le développement des nouvelles technologies en Turquie a été guidé par la croissance économique depuis l'élection d'AKP en 2002. Elles se sont rapidement imposées auprès des jeunes Turcs comme des instruments de mise en œuvre d'une sociabilité complexe, fondée sur l'entretien, voire l'élargissement, d'un faisceau nourri de liens faibles associés aux « tribus » d'appartenance comme les différentes « classes identitaires turques » formées suivant l'origine ethnique, le niveau d'enseignement, le revenu, la religion/le rite, le lieu d'habitation, le type de profession et la tendance politique.

La Turquie traverse une période de transition importante : l'Europe/l'Orient, l'Islam/la laïcité, le kurdisme/le nationalisme turc, le modernisme/le conservatisme bouleversent tout rapport socioculturel et politique dans la société contemporaine.

La moitié de la population turque a moins de 29 ans : Internet et les réseaux sociaux poussent-ils les jeunes vers la dépolitisation, leur donnent-ils le moyen d'y participer davantage ou divisent-ils davantage la société en créant un clivage plus important auprès de la jeunesse turque?

Résumé du colloque

Les représentations sociales autour de la participation politique des jeunes reposent depuis quelques décennies déjà sur l’idée qu’elle serait en crise. Cette vision d’une dépolitisation de la population juvénile mérite toutefois d’être nuancée. Premièrement, le cadre référentiel ultime des travaux sur l’engagement politique semble être le militantisme de gauche voué à une cause collective, si bien que les « nouveaux engagés » et les formes juvéniles d’action politique moins conventionnelles restent dans l’ombre. Deuxièmement, c’est peut-être la définition même du processus de politisation, qui suppose l’opposition directe au pouvoir, qui induit en erreur. Or, même dans les cas où des actions s’opèrent de manière atomisée et diffuse, leur agrégation peut aboutir à des formes de résistance ou de protestation collective. Troisièmement, il est approprié de se demander si la soi-disant crise de la participation politique des jeunes ne résulte pas d’un regard « euro-centré » qui prévient l’appréhension de pratiques juvéniles des sociétés postcoloniales, soit parce que jugées subversives et menaçantes pour l’establishment (mouvements punk et rap, jeunes des favelas), soit parce que supposées impossibles, par exemple sous les régimes autoritaires. Au cours de ce colloque, nous chercherons donc à comprendre les lieux d’engagement politique des jeunes d’aujourd’hui, leurs actions de résistance, leurs pratiques plus organisées de contestation et de revendication, en s’attachant à les restituer dans leurs contextes institutionnels (association locale, parti politique, etc.), nationaux et politiques (autoritarisme, pluralisme). Des réflexions auront également lieu autour des modes d’appréhension théorique et méthodologique des processus de politisation des jeunes, leurs limites ainsi que les possibilités de décloisonnement des approches et des disciplines.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 11 mai 2012

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