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Analays Alvarez Hernandez : UQAM - Université du Québec à Montréal
Depuis la commémoration du 50e anniversaire du génocide arménien de 1915, une cinquantaine de monuments dédiés aux victimes de cette tragédie ont vu le jour en France. Plus d’un tiers sont des khatchkars – des stèles arméniennes associées au culte des morts et au religieux. Le nombre croissant de ceux-ci ainsi que la variété d’endroits qu’ils habitent dans l’Hexagone depuis les années 1970 – en se déplaçant progressivement des espaces privés et semi-privés vers des espaces publics – enjoignent à les penser comme s’ils exécutaient une sorte de marche. Ce constat permet de formuler l’hypothèse suivante : la marche des khatchkars en France s’inscrit dans le cadre des stratégies déployées par la communauté arménienne afin de mettre en image leur génocide dans l’espace public et d’agir pour sa reconnaissance universelle[i] et pour la condamnation du négationnisme. Dans le but d’échafauder un appareil conceptuel sensible de vérifier ce postulat, nous retenons les idées de Georges Didi-Huberman (1990) sur la prise en compte du contexte de vie des œuvres d’art et celles de Williams J. Thomas Mitchell (2004) concernant les désirs des images. Nous serons à l’écoute des khatchkars dans leur nouveau contexte de vie. Il révèleront de la sorte non pas ce qu’ils souhaitaient autrefois dans l’Arménie historique, mais ce qu’ils veulent, leur désir (ici et maintenant) en France.
[i]Le génocide arménien a été officiellement reconnu par la France en 2001.
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